Je progresse

Trois conseils pour écrire comme un·e pro

Typographie : caractères d'imprimerie

Voilà quelques conseils pour donner un air professionnel à votre roman, conseils que j’aurais aimé appliquer plus tôt…

Quand j’ai commencé à écrire mon roman, je suis partie à l’aveuglette. Je ne connaissais pas les grands principes sur la structure du récit, je n’avais pas prévu mon intrigue (à part une très vague idée de dénouement), je ne savais pas comment découper un roman en chapitre ni même à quel temps j’allais écrire mon récit.
Comme vous pouvez vous en douter, les questions concernant la typographie ou le formatage arrivaient assez bas dans ma liste de priorité. Pour ne pas dire que je m’en foutais comme de ma première chemise. Pourtant, je regrette de ne pas m’y être intéressée avant, parce que :

1) ça m’aurait évité de passer des heures à reprendre mon roman pour remettre des tirets comme il faut et des espaces là où il faut (et d’en oublier des tonnes…) et

2) le fait d’avoir un formatage correct a un vrai impact sur le lecteur. Brutalement, mon roman s’est mis à ressembler à un « vrai » roman !
Voilà donc quelques conseils bêtes que j’aurais aimé appliquer dès le départ…

Nommer ses personnages même si le nom n’est pas définitif (et s’y tenir)

Je sais, nommer des personnages, c’est difficile. Petite anecdote pour illustrer à quel point j’avais envie de nommer mon personnage principal. Au départ, comme j’écrivais à la première personne du singulier, j’avais tout simplement décidé de … ne pas lui donner de nom du tout.

Ce qui a très bien fonctionné jusqu’à ce que je commence à écrire des dialogues. C’est sans doute techniquement possible de ne pas nommer son héros en utilisant des contournements, je suis certaine qu’il doit exister plusieurs romans qui le font, mais ça aurait été compliqué. Et surtout, cette démarche n’aurait pas eu de but ou de raison à part « j’ai vraiment trop la flemme de chercher ». Donc je me suis décidée à lui donner un nom temporaire. Ulysse Héros. Ulysse, parce que c’est « personne » (référence à la mythologie grecque), et Héros, parce que c’est le héros. Logique.
Sauf que je l’ai orthographié parfois Héros, parfois Heros, ou encore Hero, et quand je me suis enfin décidée à lui donner un vrai nom (Etienne Horfrey), j’ai galéré pour corriger. Ça a été encore pire pour un autre de mes personnages qui changeait de nom et de prénom plusieurs fois au cours du roman.

Donc mon premier conseil, c’est de choisir un nom, et de le conserver. Quitte à ce que ce soit un nom débile (comme Heros…), ou même un acronyme du style PP1 pour Personnage Principal 1. Parce qu’ensuite, avec le miracle de l’informatique, il ne reste plus qu’à faire Rechercher/Remplacer et miracle, tous vos PP1 sont transformés en Raymond, Albert ou Khaleesi… L’important c’est de ne pas changer toutes les cinq lignes dans votre manuscrit, pour ne pas risquer de laisser de vieux noms qui ne correspondent plus à rien et provoquer des grattements de tête chez vos béta-lecteurs (« mais pourquoi ce mail a « Hero » comme entête ? » m’a demandé ma moitié, tout perturbé, lors de la relecture d’un de mes derniers chapitre…)

Réviser quelques règles de ponctuation et de typographie

Encore une fois, les règles de typographie, quand on veut écrire un roman, ça parait trivial. On se dit qu’on verra à la fin, ou encore mieux que l’éditeur s’en chargera. Sauf que ponctuer n’importe comment, ça ne fait pas pro du tout. Et reprendre un manuscrit complet, pour rajouter un espace avant les points d’interrogation/exclamation, c’est laborieux. Vous pouvez-me croire, je l’ai fait… De toute manière, autant prendre de bonnes habitudes dès que possible, ça fait du boulot en moins !
Attention, je ne suis pas du tout calée sur le sujet, je conseille donc d’aller étudier chaque point dans le détail ailleurs sur internet.

Voici quelques règles et remarques en vrac :

  • Signes de ponctuation simples :
    Les signes de ponctuations simples (virgule, point et points de suspension) ont un espace après, mais pas avant. Cette règle est facile, il y a plusieurs exemples rien que dans cette phrase.
  • Signes de ponctuation doubles :
    Les signes de ponctuation doubles (point virgule, deux points, point d’exclamation et d’interrogation, tirets) sont suivis ET précédés d’un espace. Vous voyez ? C’est facile aussi.
  • Abréviations :
    En français, on abrège « monsieur » par « M. ». Attention, Mr et Mr. sont les abréviations anglaises ! Ensuite, c’est Mme pour madame, Mlle pour mademoiselle et Me pour maître.
  • Nombres :
    L’écriture des nombres en lettres ou non est un sujet ultra-complexe. Sur le principe, on écrit les nombres en lettres s’il sont inférieurs à douze ou vingt (au choix de l’auteur). Je conseille fortement la lecture de cet article (le site a l’air très instructif sur toutes les règles typographiques). Par contre, âmes sensibles s’abstenir, il faut s’accrocher pour suivre tous les cas particuliers. Profitez-en pour réviser comment écrire un nombre en toutes lettres ….
  • Majuscules :
    Les règles d’utilisation des majuscules (sur les titres, les nationalités, etc) peuvent valoir le coup d’être révisées aussi. Je ne vous fait pas de résumé, je ne suis pas encore au point.

Et si vous avez des doutes sur des points de grammaire ou de conjugaison, n’hésitez pas à vérifier, ça ne fait pas de mal ! Personnellement, je me suis fait un petit pense-bête sur le subjonctif passé, parce que je n’étais plus au point du tout…

Savoir formater ses dialogues…

J’arrive au point qui a eu le plus gros impact sur mon manuscrit, celui qui m’a donné l’impression d’écrire « comme dans un vrai livre » : le formatage des dialogues.
Autant sur les autres points, je conseille de réviser vite fait les règles, autant je pense qu’il est réellement nécessaire de connaitre les règles d’écriture et de formatage d’un dialogue le plus tôt possible.

Il y a plusieurs façons de formater correctement un dialogue en français. Encore une fois, je suis seulement en phase « d’apprentissage » sur ce sujet, et je conseille vivement cet article que j’ai trouvé très clair et bien fichu.

Pour résumer, il y a deux façons courantes de formater les dialogues, l’une qui utilise des guillemets pour signaler le début et la fin des dialogues, et l’autre qui n’en utilise pas. Personnellement j’ai choisi la version sans guillemet ( la version « moderne » dont parle l’article), en partie parce que je suis un peu flemmarde… Et aussi parce que ça me paraissait plus naturel.
Le tout premier point à noter, c’est que dans les dialogues, on n’utilise pas n’importe quel tiret ! On utilise le tiret cadratin ( Alt + 0151) qui est un tiret long et pas simplement le « tiret du 6 ». Ça peut paraître évident pour certains, mais moi qui ne suis pas très observatrice, j’écrivais depuis des siècles mes dialogues avec des tirets « normaux », et je ne comprenais pas pourquoi ça n’était pas joli…

Petit exemple :

-Ceci n’est pas le bon tiret pour indiquer un dialogue.
-En effet ça ne ressemble à rien, répondit-il.
— Et voici un tiret cadratin, indiqua-t-elle d’un ton pédant.
— C’est beaucoup mieux !

Autre remarque : lorsqu’une réplique se termine par un point d’exclamation ou d’interrogation, le « dialogue tag » (je n’ai pas trouvé le nom français, je parle de l’indication contenant le verbe de parole, par exemple « dit-il ») ne commence PAS par une majuscule.
Pour reprendre la dernière réplique de notre dialogue, on écrira :
— C’est beaucoup mieux ! s’exclama Robert.
Et non pas :
— C’est beaucoup mieux ! S’exclama Robert.

Personnellement, j’ai rencontré une autre difficulté dans mes dialogues, due à mon choix de narration : première personne du singulier au présent. L’inversion sujet-verbe à la première personne du présent est problématique, mais il y a tout de même plusieurs options.

  • Tricher en mettant le verbe de parole avant la réplique pour ne pas avoir à inverser (solution favorite de Pennac dans la série Malaussène)

Je constate :
— Cette solution fonctionne très bien.

  • Si le niveau de langage est suffisamment familier, ne simplement pas faire l’inversion

— Celle-ci aussi, je remarque.

  • Appliquer sagement l’inversion, avec différents niveaux de « sexitude »

— Pour certains verbes, ça passe tout seul, dis-je.
— Pour les verbes du premier groupe, on remplace le « e » final par un « é » pour que ce soit plus joli, ajouté-je.
— Depuis 1990, on peut même utiliser « è », qui correspond à la prononciation effective, mais qu’est-ce que c’est laid ! m’exlamè-je.
— Et pour les autres, autant chercher une autre option, réponds-je à moi même.

Personnellement, je trouve le « è » horrible et le « réponds-je » dissonant, mais on peut se débrouiller avec les autres options.

Conclusion

Le but de cet article n’est pas de donner un cours magistral, je n’en ai pas la capacité, mais plutôt de soulever quelques points qu’il faut travailler, de préférence le plus tôt possible pour s’éviter beaucoup de travail inutile de correction.
Il y a plusieurs intérêts à avoir un manuscrit « propre » :

  • C’est motivant en tant qu’auteur : avoir l’impression de travailler sur un « vrai » livre peut réellement être un plaisir et une motivation.
  • C’est plus agréable pour vos bêta-lecteurs, ou vos lecteurs si c’est un texte destiné à être lu seulement par des proches.
  • Ça augmentera probablement vos chances auprès des éditeurs si vous essayez de vous faire publier.

Je ne connais pas du tout le monde de l’édition, ce n’est pas un conseil « d’insider », et je sais pertinemment que les maisons d’édition ont des gens dont c’est le métier. Mais je connais assez le monde professionnel pour dire que si vous avez fait l’effort d’apprendre quelques règles basiques de formatage et de typographie, vous gagnez des points par rapport à un auteur qui ne l’a pas fait. C’est simplement une preuve de sérieux et de professionnalisme assez basique. Moi, je suis ingénieure en informatique, et je déteste recevoir des demandes envoyées dans des mails bourrés de fautes d’orthographe, sans ponctuation et sans majuscules, ça me hérisse le poil et me fait douter du sérieux de mon interlocuteur, alors si j’étais éditeur…

 

Et vous, êtes-vous des pros de la typographie ? Avez-vous repoussé le sujet au maximum ? Ou ignoré complètement ? Est-ce que vous aussi vous détestez les mails mal ponctués ?

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