J'y travaille

Tout savoir sur les bêta-lecteurs pour transformer votre roman en chef d’œuvre ! (ou le rendre un peu moins mauvais)

Les bêta-lecteurs sont, pour beaucoup d’auteurs, une étape importante du processus d’écriture d’un roman.

Je dirais même plus, ils sont une étape incontournable si vous voulez que votre roman soit lisible par un public composé d’autres personnes que votre maman…

Mais, me direz-vous, un bêta-lecteur c’est quoi ? Pour quoi faire, où les trouve-t-on ? Qu’est-ce que ça mange ?

Sommaire :

Qu'est-ce qu'un bêta-lecteurUn bêta-lecteur, qu’est-ce que c’est, à quoi ça sert ?

La définition la plus simple du bêta-lecteur, c’est la suivante : c’est une personne qui lit un roman avant qu’il ne soit prêt à la publication et qui fait des retours à son sujet.

Le bêta-lecteur sert à identifier les problèmes existant dans le manuscrit, et donc à les corriger AVANT que le livre arrive sur les étagères (ou plutôt avant qu’il arrive entre les mains d’un éditeur qui le balancera directement dans sa corbeille).

C’est un concept qui est très présent dans l’industrie du jeu vidéo où on engage des bêta-testeurs pour tester les jeux avant leur sortie. Dans le domaine où je travaille (sites web et logiciels à destination d’entreprises), on appelle ça « la recette » et je viens d’apprendre grâce à mon ami Wiki que ce terme est aussi utilisé dans l’industrie navale…

L’idée est très simple : on ne présente pas un outil ou un produit à un utilisateur sans l’avoir testé auparavant ! C’est d’autant plus critique quand on parle d’appli bancaires, de logiciels de gestion de la paye, etc.

Dans la littérature, c’est plus compliqué, puisqu’on a pas de critères objectifs pour déterminer si un roman « fonctionne » ou pas. En informatique, une personne suffit pour détecter que, si tu appuies sur tel bouton, un message d’erreur s’affiche, et il n’y a pas de contestation possible, il faut corriger. Dans un roman, un lecteur trouvera qu’il y a trop d’action, un autre lecteur pas assez et le dernier pensera que le héros aurait dû porter une cape jaune, parce que le vert ce n’est vraiment pas sa couleur…

Alors pourquoi s’embêter avec des bêta-lecteurs s’ils disent tout et son contraire ?

Certains auteurs conseillent de se limiter à un unique bêta-lecteur avec une sélection hyper pointue : il ne faut pas que ce soit ton garagiste parce que « ton garagiste n’y connait rien » (il lit quand même tes bouquins, mais bon…), il ne faut pas que ce soit un autre auteur parce qu’il ne verra que la technique, il ne faut pas que ce soit ta maman ou ton/ta partenaire parce qu’ils trouveront tout merveilleux, etc, etc. A se demander comment ils trouvent ce bêta-lecteur miraculeux…

Je préfère adopter l’approche inverse (recommandée par une multitude d’autres auteurs) : recruter autant de bêta-lecteurs que possible. Si un lecteur trouve le personnage principal un peu fade, il n’y a pas forcément de quoi s’inquiéter. Par contre si trois lecteurs sur cinq le trouve inintéressant, c’est qu’il y a un problème !

Qui peut être bêta-lecteur ?

Certains auteurs effectuent une sélection draconienne, moi je suis persuadée que toute personne qui aime lire peut donner un avis pertinent ! Après tout, cette personne est le public cible…

J’ai lu un article, malheureusement je ne me souviens plus de qui, qui disait qu’un chirurgien ne demandait pas à son garagiste de juger la qualité de ses opérations. Sauf que c’est faux, le garagiste qui se fait opérer jugera la qualité de l’opération sur le fait qu’il est encore vivant, qu’il n’a plus mal, etc…

C’est la même chose pour un roman, l’hypothétique garagiste ne pourra peut-être pas dire que les motivations du héros n’ont pas été introduites assez tôt ou que l’auteur a brisé la règle « show don’t tell » en introduisant son monde avec un gros info-dump dans le prologue, par contre il pourra parfaitement dire qu’il s’est ennuyé à mourir pendant les deux premiers chapitres…

Ensuite c’est à l’auteur de noter les remarques qui reviennent le plus souvent, et d’essayer de trouver les solutions à ces problèmes. De la même manière qu’en informatique, le testeur détecte le problème et le développeur trouve la cause et la corrige…

Pour être un bêta-lecteur, il suffit d’être le genre de personne susceptible de lire le livre une fois qu’il sera publié, donc : aimer lire un minimum, ne pas détester la fantasy si c’est de la fantasy, etc. Et ça demande de l’honnêteté (plus de détails dans la dernière partie) Et c’est tout !

Pourquoi j’ai hésité à passer à la bêta-lecture

Jusqu’à très récemment, je n’étais pas sûre de vouloir recruter des bêta-lecteurs pour mon roman. J’ai pris cette décision il y a environ deux semaines ( à l’échelle des 7 ans qu’il m’a fallu pour terminer ce roman, c’est peanuts).

Qu’on soit bien clairs (si je ne l’ai pas été assez plus tôt), je n’ai jamais douté de l’intérêt d’avoir des bêta-lecteurs. D’après toutes mes lectures, mais aussi d’après mon expérience professionnelle, il est indispensable d’avoir des points de vue extérieurs sur un projet que l’on souhaite présenter à un public.

C’était là que se trouvait mon hésitation : savoir si je souhaitais présenter ce roman à un public. Je suis quelqu’un de réaliste (ou pessimiste selon les points de vue), je sais qu’il s’agit d’un premier roman, donc un roman de débutante. J’ai énormément appris pendant l’écriture de ce livre, ce qui signifie entre autres que malgré mes années de lecture acharnée, je ne savais… disons pas grand chose sur l’écriture. Je suis une autrice en herbe.

J’ai passé 7 ans à écrire ce bouquin, et j’ai aussi envie de passer à autre chose : je suis d’ailleurs en train de réfléchir à mon prochain roman… En partant du principe que ce premier roman est forcément moins bon que ce que je pourrais écrire ensuite, je me demandais s’il ne valait pas mieux passer directement à la suite (ça c’est l’explication « j’ai pas confiance en moi »). Et m’épargner une tonne de boulot supplémentaire de relecture, correction orthographique, formatage, etc, tout le travail supplémentaire indispensable si on veut chercher un éditeur (ça c’est l’explication « feignasse »).

Mais j’ai eu une conversation avec Lynda Guillemaud (que je remercie !) qui m’a fait remarquer que la phase de bêta-lecture pouvait aussi être une phase d’apprentissage, ne serait-ce qu’en me permettant de repérer mes points faibles.

Donc voilà, je recrute des bêta-lecteurs ! Même si je n’ai toujours pas décidé si je voulais essayer de publier ensuite…

Où dénicher des bêta-lecteurs ?

J’étais un peu inquiète pour à ce sujet. Enfin pas trop puisque je n’étais pas sûre d’en vouloir. J’ai cherché quelques sites francophones de manière assez superficielle mais beaucoup sont orientés fantasy/sf et moi j’ai écrit un policier (accidentellement).

Mais quand j’ai posté sur Facebook que j’avais enfin fini d’écrire ce roman, j’ai eu des propositions spontanées ! Oui, mes amis sont merveilleux, tout le monde n’a peut-être pas cette chance… Au final j’ai posté une demande « officielle » de bêta-lecteurs sur Facebook, j’ai envoyé un mail à un petit groupe de collègues, et j’ai déjà une douzaine de réponses, beaucoup plus que ce que je pensais…

Je n’ai donc pas tellement plus de conseils que « essayez les réseaux sociaux, vous serez surpris ». Et merci à tous ceux qui se sont proposés de relire mon roman !

Que demander à ses bêta-lecteurs ?

Il y a beaucoup de possibilités sur les formats d’échange avec les bêta-lecteurs : chapitre par chapitre ou roman en entier ? Questionnaire, interview ou réponse libre ?

Pour ma part, je vais envoyer mon roman en entier avec un questionnaire à mes bêta-lecteurs. Comme ce ne sont pas des « professionnels » de la bêta-lecture mais des gens qui font ça en grande partie pour me rendre service, j’aimerais leur simplifier la vie au maximum et le questionnaire est un bon moyen de guider les lecteurs pour avoir des réponses plus précises et plus détaillées.

L’interview est un format intéressant (en fait, c’est pareil que le questionnaire mais à l’oral), puisqu’il permet d’approfondir les réponses, d’être plus personnel et plus interactif. Le désavantage majeur, c’est que ça demande beaucoup plus de temps et d’organisation et que c’est plus contraignant pour les lecteurs. C’est le format que j’ai adopté avec mon tout premier bêta-lecteur (je vis avec lui, ça facilite les choses…).

Comme je ne pensais pas avoir autant de réponses aussi vite (mon côté pessimiste, souvenez-vous), je suis à la bourre sur les corrections de mon roman, et je n’ai pas encore élaboré mon questionnaire dans le détail. Par contre, je sais déjà qu’il y aura un groupe de questions pour chaque chapitre, certaines propres au chapitre et d’autres qui reviendront à tous les chapitres. Il y aura aussi quelques questions plus générales à la fin. J’enverrai mon roman au format doc et au format epub.

Les questions porteront sur le rythme, les personnages, qu’est-ce qui est prévisible, pas clair, incohérent, etc. Quels passages sont intéressants, lesquels sont ennuyeux…

Comment être un « bon » bêta-lecteur ?

Je laisse Jenna Moreci répondre à cette question (en anglais, désolée pour les non-anglophones).

Le point principal, c’est d’être honnête. Le but de la bêta-lecture, c’est d’améliorer un roman, ce n’est pas possible de le faire sans mettre le doigt sur des défauts. S’il y a un problème, il faut le dire !

Par contre la manière de le dire compte : « ton roman c’est de la merde, tu ferais mieux d’arrêter », ce n’est pas très constructif, pour ne pas dire franchement méchant. « Je n’ai pas compris pourquoi le héros ne faisait pas X ou Y », c’est non seulement moins blessant, mais c’est surtout beaucoup plus utile.

Indiquer ce qui a plu est important aussi ! Déjà pour éviter que l’auteur.trice ne se suicide directement en avalant son stylo-plume, mais aussi parce qu’il ne faudrait pas qu’il.elle essaie de corriger des choses qui fonctionnent déjà… L’auteur.trice a besoin de connaitre ses points forts et ses points faibles pour s’améliorer.

De manière générale, il faut noter tous les moments où, en tant que lecteur vous avez « ressenti » quelque chose fortement, par exemple :

  • Vous n’avez pas compris le passage
  •  Vous trouvez que le héros a pris une décision débile/contraire à son caractère, etc
  • Vous avez ri/pleuré,etc
  • Vous vous êtes ennuyés
  • Vous vous êtes énervés parce que ça ne marche pas comme ça dans la vraie vie, parce qu’il y a une solution évidente
  • Vous avez deviné ce qui allait se passer
  • Vous avez eu envie d’écrire une fanfiction ultra hot entre deux personnages…

Et caetera

Un petit exemple pour la route

Pour être utile, un bêta-lecteur ne doit pas s’écrier « j’ai adoré, c’est le meilleur livre que j’ai jamais lu ! » des étoiles dans les yeux et des trémolos dans la voix (même si ça fait plaisir !).

Il doit dire :

– Le début est quand même très long à démarrer, surtout les 100 premières pages. Le héros est un peu plat, mais sa relation avec son side-kick est trop chou ! L’univers est incroyablement détaillé, même si on ne comprend pas bien comment fonctionne la magie. Mais par contre, pourquoi, pourquoi, pourquoi les aigles n’emmènent pas l’Anneau depuis le début ?

Oui, même le Seigneur des Anneaux a ses défauts…

Pour conclure

Les bêta-lecteurs sont précieux ! Je remercie par avance les miens, qui ne savent pas encore ce qui les attend…

Si ça vous intéresse d’être bêta-lecteur, n’hésitez pas à jeter un coup d’œil à la présentation de mon roman et à m’envoyer un mail (petite enveloppe dans la partie « Contactez-moi » à droite) !

 

Et vous, vous avez des bêta-lecteurs ? Comment les trouvez-vous ? Que leur demandez-vous ?

5 réflexions au sujet de “Tout savoir sur les bêta-lecteurs pour transformer votre roman en chef d’œuvre ! (ou le rendre un peu moins mauvais)”

  1. Coucou ! Je suis super contente de voir que notre petit échange a porté ses fruits 🙂
    Tu vas voir, tu vas beaucoup apprendre des bêta-lecteurs et je pense que c’est une bonne idée d’en avoir plusieurs (car certains vont abandonner en route, c’est statistique) et d’autres ne vont pas forcément t’apporter grand chose (il y a aussi une forme de syndrome de l’imposteur chez les bêta-lecteurs !).
    D’expérience, je pense que c’est hyper important d’avoir un questionnaire à proposer aux bêtas, pour les orienter et les « décomplexer ». Mais aussi pour avoir des réponses aux questions que toi tu te poses (car je suis sûre que tu connais certains défauts de ton roman). La première fois je n’ai pas fait de questionnaire et j’ai été un peu frustrée, j’ai dû échanger longuement avec 2-3 bêtas pour avancer. La 2ème fois j’ai fait un questionnaire assez vague et c’était déjà mieux, la 3ème fois, c’était plus détaillé et si j’ai eu des réponses évasives, j’ai aussi eu des remarques très pertinentes. La prochaine fois je pense que j’irai encore plus loin et que j’interrogerai les bêtas sur les questions que moi je me pose à propos de mon roman (si telle situation fonctionne, tel personnage est crédible, etc.).
    Bon courage en tout cas !

    1. Merci beaucoup ! D’après tout ce que j’ai lu, le questionnaire me parait être à peu près incontournable. Par contre, j’ai un peu de mal à décider ce que je veux mettre dedans (je vais essayer d’y travailler ce soir d’ailleurs 🙂 ).
      Ma principale crainte sur le fait d’utiliser des questions très précises, c’est d’orienter trop les lecteurs sur leurs réponses. J’imagine qu’il faut travailler la formulation des questions… Je vais m’y mettre; En tout cas merci encore pour ton aide !

  2. On en est un peu au même point, un roman écrit, un deuxième en gestation. Je serais intéressée pour être bêta-lectrice, si tu as besoin d’une paire d’yeux supplémentaire.

    1. Super ! Oui, une paire d’yeux supplémentaire ne peut pas faire de mal, d’autant plus si c’est une autre autrice… Je t’envoie le mail que j’ai préparé pour mes bêta-lecteurs !

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