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Le Pendule de Foucault : le vertige de l’ésotérisme

Je sais que le confinement a été très productif niveau lecture pour beaucoup de monde, mais ça n’a pas été mon cas. D’abord parce que je lis surtout dans les transports en temps normal et que je suis en télétravail depuis le début du confinement. Et ensuite parce que je me suis attaquée à un sacré pavé : Le Pendule de Foucault de Umberto Eco.

Et j’ai failli ne pas le finir.

Mais je fais partie des gens qui considèrent comme un devoir absolu de finir un livre commencé, et je l’ai donc terminé. Et en écrivant ma critique sur Instagram (je poste et commente tous les livres que je lis sur Instagram, si ça vous intéresse), j’ai réfléchi à ce qui m’avait tant ennuyé, et pourquoi au contraire certaines personnes avaient pu adorer ce livre. En particulier, j’ai cherché à comprendre pourquoi Eco avait choisi de raconter l’histoire de cette façon, ce qu’il avait cherché à accomplir et pourquoi ça ne m’avait pas plu personnellement. Voilà le fruit de cette réflexion^^.

L’histoire

On va commencer par un petit résumé, pour celles et ceux qui ne l’auraient pas lu. Je vais dévoiler une bonne partie de l’intrigue dans cet article, mais pas le dénouement. Même si je parle d’évènements assez loin dans le livre, je ne pense pas que ce que je choisis de raconter gâchera le plaisir de la lecture.

Causabon, un jeune doctorant milanais rédigeant une thèse sur les Templiers, fait la connaissance de Belpo, éditeur cynique et névrosé travaillant pour  les éditions Garamond. Belpo demande son aide à Causabon pour évaluer le sérieux d’un auteur potentiel, le Colonel Ardenti, qui a une théorie sur la disparition des Templiers, basée sur un document ancien retrouvé dans un souterrain. Ils jugent tous deux le Colonel comme un illuminé, pourtant Belpo et Causabon reçoivent peu après la visite d’un inspecteur de police, qui enquête sur la disparition d’Ardenti…

Quelques années plus tard, après un détour par le Brésil, Causabon se fait embaucher lui-aussi aux Éditions Garamond, d’abord pour travailler sur une encyclopédie des métaux, puis se retrouve avec Belpo et un autre collègue, Diotallevi, à construire une nouvelle collection sur l’occultisme.

Tous les trois s’amusent d’abord de la facilité avec laquelle on peut trouver des liens entre n’importe quel événement, n’importe quelle théorie. Petit à petit, à partir du document du Colonel, ils jouent à inventer leur propre version du « Plan » des Templiers, en reliant personnages historiques, sociétés secrètes et théories ésotériques variées.

Mais le Plan devient de plus en plus réel et crédible à leurs yeux et il finit par impacter leurs vies de manière bien réelle…

Les thèmes

Je ne vais pas faire une analyse en profondeur des thèmes du livre, je pense que des personnes plus compétentes que moi l’ont déjà fait en profondeur. Par contre, il est quand même important quand on parle d’un livre, de savoir ce que l’auteurice a essayé de dire. Parfois, la réponse est « rien », mais ce n’est pas du tout le cas pour celui-ci, puisqu’Eco l’a confirmé en dehors du roman.

Si on résume l’histoire au maximum : Causabon et Belpo obtiennent un manuscrit ancien et s’amusent, d’abord par jeu (et même presque par moquerie), à inventer un « Plan » à partir de ce manuscrit. Sauf qu’ils commencent presque à y croire, et Belpo les met par bravade dans une situation difficile. Et même si tous deux sont conscients à la fin que toute leur construction est fausse, ils en payent le prix.

Eco montre à quel point il est facile d’inventer des liens entre n’importe quels événements ou personnes. Au départ, Belpo sélectionne simplement des faits au hasard grâce à son ordinateur, et ils s’amusent à les relier entre eux, comme ça, les doigts dans le nez. Eco démontre même cette facilité à plusieurs niveaux : non seulement ses personnages n’ont pas de difficulté à relier des phrases choisies au pif, mais lui-même fait l’exercice. En écrivant ce roman, il a créé sa propre théorie, qui tient tout autant la route que n’importe quelle autre, une théorie purement fictionnelle. Une façon de « ridiculiser » les occultistes et autres complotistes.

Cette thématique reste d’ailleurs d’actualité, puisqu’on continue de voir sur Youtube et à la télé des théories tout à fait intéressantes sur des « coïncidences ». Par exemple, je vous conseille cet article très amusant de Niou Taiknologie sur un « documentaire » intitulé « La Révélation des Pyramides ».

D’un autre côté, Umberto Eco illustre aussi à quel point ces théories peuvent être séduisantes, même pour des personnes cultivées comme Belpo et Causabon, qui se laissent, à des degrés divers, emporter par l’ivresse des relations et des combinaisons. S’il démonte les théories, il s’intéresse aussi à leur attrait.

Donc retenez bien, complotisme = caca séduisant, on en reparle plus tard^^

Ce que je n’ai pas aimé

J’ai trouvé ce livre interminable.

Comme je le disais dans l’introduction, j’ai hésité à abandonner ma lecture, ce que je ne fais quasiment jamais.

Le début du livre est plutôt ardu, en terme de vocabulaire et de complexité des phrases (surtout que je le lisais en anglais), mais personnellement, ça ne me dérange pas tellement. C’est (pour moi), simplement un rythme à prendre, juste un niveau supérieur de gymnastique mentale qui a plutôt tendance à m’amuser : j’aime bien lire dans des langues que je ne maitrise pas totalement, donc ne pas comprendre un mot ou deux est très très loin de me faire peur. Par contre, je comprends parfaitement que ça puisse rebuter d’autres personnes.

Mon principal problème avec ce livre, et ce qui a failli me faire abandonner, ce sont les très nombreux chapitres où Causabon construit le fameux Plan.

Voici une esquisse rapide de la structure du livre pour vous donner une idée.

Structure du Pendule de Foucault

Le livre a une structure en sandwich assez classique dans les épisodes de séries (le site TvTropes le nomme « How we got here » : Comment on en est arrivés là) : on commence sur le héros dans une situation difficile et plutôt inexplicable, puis on enchaine sur un très long flashback qui explique comment il est arrivé là, avant de revenir au moment du départ pour sortir le héros de cette situation.

  • Chapitres 1 à 6

Exposition de la situation initiale : après avoir trouvé le moyen de s’infiltrer dans l’ordinateur de Belpo, Causabon est à Paris, dans l’attente d’un événement qui semble le plonger dans la terreur…

  • Chapitres 7 à 22

On enchaîne sur le flashback : Causabon rencontre Belpo, qui lui demande de l’aide pour évaluer le synopsis du Colonel Ardenti, qui disparait tout de suite après.

  • Chapitres 23 à 33

Digression : Causabon part vivre au Brézil où il rencontre un personnage important, Aglie, et s’intéresse toujours à l’ésotérisme sous plusieurs formes.

  • Chapitres 34 à 63

Causabon revient à Milan, où il est embauché par les Éditions Garamond. Il doit travailler à monter une collection sur l’occultisme, effectue des recherches avec ses collègues, rencontre des auteurs, implique Aglie en tant que consultant, qui leur permet d’assister à plusieurs rituels.

  • Chapitres 64 à 111

Causabon, Belpo et Diotallevi construisent le « Plan », de plus en plus sérieusement

  • Chapitre 112 à 120

Le flashback commencé au chapitre 7 rattrape le « présent », pour le dénouement (que je ne vais pas détailler, je ne vais quand même pas tout spoiler, même si je résume déjà une grosse partie du livre).

Un tiers d’Histoire… fictive

Donc sur 120 chapitres, 48 sont consacrés à la construction du fameux Plan, soit à peu près un tiers du livre.

Ce tiers de livre fourmille de dates, de personnages, et de sociétés secrètes. Et je n’ai pas réussi à m’y intéresser, puisque j’avais l’impression de lire un livre d’histoire, mais un livre d’histoire dont je saurais le contenu inexact, et pour lequel je n’aurais donc pas envie de faire un effort de mémorisation.

Tout le roman est globalement assez lent, surtout si on compare les événements qui font avancer l’histoire et le nombre de pages correspondant : techniquement il ne se « passe » quasiment rien qui fasse avancer l’histoire entre le chapitre 22 et le chapitre 112. Mais pour moi, ce n’est pas forcément un problème : Eco donne une importance particulière au personnage de Belpo et à sa psychologie : sa décision de ne pas écrire, sa relation complexe avec la femme qu’il aime, sa peur de « manquer l’occasion » de faire ses preuves. Je n’ai aucun problème avec ça, au contraire, j’aurais aimé en découvrir encore plus sur Belpo.

La lenteur n’est donc pas un problème pour moi, mais je me suis vraiment heurtée à ce passage, interminable à mon goût, où les personnages reconstituent/inventent le Plan. Sur le moment, mon jugement « d’autrice » a été le suivant :

  1. ça ne fait pas avancer l’histoire
  2. ça ne nous dit rien sur les personnages (en tout cas ça ne nous dit rien de plus après le 3éme chapitre du même style)
  3. ça ne contribue pas à l’atmosphère (une fois dépassé les quelques premiers chapitres, encore une fois)
  4. sa dimension pédagogique est discutable, puisqu’on mélange des faits réels et faux sans que les lecteurices puissent les discerner clairement

Donc, mon point de vue « d’éditrice » aurait été de garder quelques chapitres pour illustrer le processus, et l’engagement des personnages, et couper tout le reste… A la tronçonneuse, oui oui.

Écrire pour l’expérience

Mais je ne suis clairement pas Umberto Eco, et malgré mon ennui profond à la lecture de ces fameux chapitres, en rédigeant ma critique Instagram, j’ai constaté que certaines personnes avaient adoré ce livre. Ça m’a donnée envie de réfléchir au « pourquoi » de ce passage, et à la raison pour laquelle il avait pu fonctionner pour d’autres personnes que moi.

Pourquoi donc Eco a-t-il consacré autant de pages à écrire finalement une théorie complotiste, alors que le but de ce livre est spécifiquement d’en souligner la vacuité et le danger ?

Le « vertige »

Ce mot m’a frappée dans plusieurs critiques positives que j’ai pu lire sur ce livre.

Notamment, pour citer la page Wiki du roman :

Le Pendule de Foucault fourmille de références historiques, ésotériques, mythologiques, religieuses, scientifiques, métaphysiques, philosophiques, artistiques, politiques, etc., dont les principales, les plus reconnaissables, sont listées ci-après.

Si certaines trouvent leur origine dans des ouvrages, mythes et courants existants (discutables ou non), comme souvent avec Umberto Eco, il n’est pas exclu que certaines autres soient issues de l’imagination créative de l’auteur. En tout cas, il fait preuve d’une réelle maitrise littéraire, ne serait-ce que dans la façon très vraisemblable et séduisante, qu’il a de leur trouver des similitudes, ce qui lui permet de relier entre elles ces différentes traditions ésotériques, au point d’en ébranler le lecteur qui, saisi de vertige, se demandera si ce qu’il lit n’est pas, finalement… la réalité révélée.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Pendule_de_Foucault

On pourrait simplement accuser Eco de vouloir faire le malin en accumulant les références historiques et littéraires (et par moment pendant ma lecture, j’en ai été tentée^^), mais d’après ce qu’il explique dans Confessions d’un jeune romancier, il est d’habitude plus subtil pour étaler sa science (en particulier, c’est un adepte des niveaux de lecture multiple, ce qu’il appelle le « double codage), science qui parait effectivement infuse en le lisant^^.

Quel est l’objectif de ce passage ?

En revenant sur ce que je disais plus tôt, pour faire avancer l’histoire, l’atmosphère et la caractérisation des personnages, Eco n’avait pas besoin de plus d’une poignée de chapitres décrivant le plan. Quel était donc son but en décrivant dans le détail une conspiration sur plusieurs siècles ? Pendant QUARANTE-HUIT chapitres ?

D’après ce que j’ai pu lire, et mon propre ressenti, il y a trois types principaux de réactions au livre, qui je dirais, sont liées au degré d’intérêt pour l’occulte :

  • L’ennui

En parcourant les critiques en ligne, je ne suis pas la seule à avoir décroché. Effectivement, l’occulte ne m’attire pas. Attention, j’adore par exemple le MMO The Secret World où on incarne un membre d’une société secrète (Templier, Illuminati ou Dragon), mais pour moi il s’agit strictement de fiction. Dans mon esprit, « société secrète » et « initiation » riment avec « fiction » « secte » ou « arnaque », au choix. Difficile donc pour moi (et pour beaucoup d’autres) de me passionner pour 48 chapitres de reconstruction d’une histoire fictive de l’occultisme occidental

  • Le complotisme

A l’inverse, il semblerait qu’une partie des lecteurices du Pendule de Foucault aient réellement cru que Eco cachait la vérité dans sa fiction, et soient partis à la recherche d’indices dans les lieux qu’il décrit, par exemple. Il y a une certaine ironie là-dedans étant donné la fin du livre, et le fait que Umberto Eco a clairement énoncé, dans le livre et en dehors, que son but était de déconstruire le complotisme plutôt que de le valider (cf le paragraphe plus haut sur les thèmes du roman).

En réfléchissant à ma réaction au livre, j’ai d’abord pensé que Eco était presque « malhonnête » d’écrire un roman qui critique l’occultisme/complotisme, mais qui en même temps va suffisamment loin dans sa propre théorie pour réussir à convaincre des gens de la véracité de son complot.

Je trouvais ça malhonnête, avant de réfléchir un peu plus à la 3éme catégorie.

  • Le vertige

Quelqu’un qui se considère comme rationnel, mais qui est assez intéressé par l’occultisme suivra dans le détail les déductions et associations de Causabon, et pourra être saisi de ce fameux vertige : et si c’était vrai ?

Pour moi, l’objectif de Eco avec ce passage, c’est de faire ressentir à ses lecteurices la même chose qu’à son héros, l’appel de la sirène de l’occulte, et leur montrer qu’elles/eux aussi pourraient être séduits facilement par la facilité des associations et des combinaisons.

Pour à la fin leur rappeler que tout cela n’est qu’une invention, un jeu de l’auteur, et donc à quel point il est facile de faire dire n’importe quoi à des chiffres et des dates… (même si Eco ne résiste quand même pas à nous noyer sous les références^^)

Sans compter que le dénouement souligne aussi les conséquences bien réelles que peut avoir le fanatisme.

En réfléchissant, c’est cette réaction-là que visait Eco, les deux autres étant plutôt un effet de trop d’intérêt pour l’occulte, ou au contraire de pas assez.

Conception d’un vertige

Si le but d’Eco est bien de faire ressentir le même doute aux lecteurices que celui que ressent Causabon, alors effectivement le choix de décrire en détail la façon dont ils conçoivent le Plan est totalement logique.

Il faut que chacun puisse refaire l’exercice soi-même, peut-être même connaitre ou aller vérifier les sources.

Ce processus fonctionne sûrement mieux sur quelqu’un qui est déjà familier avec l’histoire de l’occulte, et qui pourra relier les faits avec ses propres connaissances, ce qui augmentera la plausibilité du Plan.

Et dans ce cas, le niveau de détail, et de temps (48 chapitres ! Je vous ai dit que ça prenait 48 chapitres ?) qu’Eco attribue à son Plan prend beaucoup plus de sens. Le but n’est pas de faire avancer l’intrigue, mais de mettre le lecteur dans un certain état mental. Il FAUT que le lecteur puisse lui aussi se laisser emporter dans la spirale des coïncidences et des références, des appels à sa mémoire et à ses connaissances, il faut donc le temps et la matière pour ça, pour arriver à ce fameux vertige…

Pourquoi ça ne fonctionne pas forcément

Je n’ai qu’une connaissance très superficielle de l’occultisme, en tout cas trop superficielle pour pouvoir rattacher les références d’Eco à des informations que je considère comme « vraies ». D’après ce que j’ai pu lire sur Eco et par Eco, toutes les sources qu’il cite existent sans doute bel et bien. Mais en tant que lectrice lambda qui a autre chose à faire que de vérifier chacune de ses citations, elles pourraient très bien avoir été entièrement inventées, comme c’est courant dans la fiction. Sans avoir de référence sur ce qui est censé être « réel » (ou en tout cas basé sur des textes existant dans la vraie vie), par défaut pour moi, tout est inventé, et je n’ai donc pas plus de raison d’y croire que de croire en l’existence de Sauron ou Catwoman. Et je préfèrerai croire à Catwoman. Le fait que des personnages historiques fassent leur apparition ne donne pas tellement plus de crédibilité pour moi (après tout, il y a Shakespeare, la reine d’Angleterre et Pompei dans Doctor Who, et je ne me suis jamais dit « oh mon dieu mais toute l’histoire mondiale est contrôlée par un extraterrestre à deux coeurs ! »)

Et comme je suis autrice moi-même, je sais pertinemment qu’on peut inventer n’importe quoi, puisque j’ai moi-même construit des scènes d’enquête dont j’ai décidé chaque détail…

Et en dehors de ça, l’occulte et les théories du complot ne m’attirent pas du tout. Je sais qu’une partie de ce genre de raisonnement est utilisé pour arnaquer/manipuler les gens (soit pour leur soutirer leur argent dans le cas des faux médiums par exemple, ou pour avoir leur soutien politique sur des sujets comme la Terre Plate), ce qui ne me donne pas vraiment envie de me laisser « séduire ».

Malgré tout, je suis un peu déçue, parce que je trouve que c’est une idée intéressante, et j’aurais aimé ressentir ce qu’Eco voulait me faire ressentir. Effectivement, le but de la lecture est de nous faire ressentir des émotions, et cette « expérience » là est assez unique. Elle se rapproche peut-être du fantastique où on est censé se demander jusqu’au dernier moment si les événements se sont réellement passés ou non. La différence, ici c’est que le lecteur ou la lectrice est censé non pas ressentir ce vertige via le personnage, mais aussi pour lui ou elle-même. Et c’est assez fascinant.

Dommage que ça n’ait pas marché pour moi^^.

Conclusion

J’ai vraiment trouvé ce livre très long (demandez à mon compagnon, j’ai râlé pendant un moment^^). Parfois, le rythme peut être une question de goût, ou une maladresse de l’auteur, mais dans ce cas précis, il était assez clair que c’était un choix calculé de la part d’Umberto Eco. J’ai donc eu envie de comprendre pourquoi ce choix (qui m’a fait m’arracher les cheveux pendant plusieurs semaines de lecture…^^). Tant qu’à souffrir autant savoir pourquoi on souffre. Et visiblement, j’avais besoin de râler devant une audience un peu plus large^^ (l’avantage d’avoir un blog, mouahaha).

Peut-être que la raison de ce choix narratif parait évident pour certain/es d’entre vous, mais c’était un exercice intéressant pour moi. J’espère que ça vous aura plu/intéressé aussi.

Est-ce que vous avez lu le Pendule de Foucault ? Qu’est-ce que vous en avez pensé ? Est-ce que vous avez été dans une des trois catégories que j’ai cité ou une tout autre ? Dites-moi tout !

4 réflexions au sujet de “Le Pendule de Foucault : le vertige de l’ésotérisme”

  1. Comme le roman que tu nous présentes, il m’apparaît que ta critique est à la fois brillante et très longue. Pourtant, la principale raison pour laquelle ce livre t’a posé problème, il me semble, est apparente dans ce que tu écris, et n’est pas liée à des questions de structure ou de vertige: quand on lit un énorme bouquin sur un sujet pour lequel on n’a aucun intérêt, on s’ennuie, tout simplement, non?

    1. Un jour, j’apprendrai à écrire des articles courts, un jour^^.
      Non, je ne dirais pas que je n’avais aucun intérêt pour ce bouquin, j’ai vraiment apprécié certains personnages, Belpo en particulier, et l’histoire était intéressante et même palpitante (par moments^^). C’est vraiment le choix de décrire le « Plan » en détail et la quantité de références associées qui m’a dérangée, et même si ce passage est très long, le livre fait plus de 600 pages, ça m’a laissé de quoi apprécier^^.
      Disons que c’est un peu comme si j’avais lu un bouquin de science-fiction, dans lequel l’auteur aurait passé plus d’une centaine de pages à décrire le fonctionnement de son moteur supraluminique, sans que j’ai les connaissances en physiques nécessaires pour savoir si l’auteur affabule totalement, ou si c’est scientifiquement plausible. Il y a des gens qui trouveront ça passionnant, et d’autres que ce passage ennuiera radicalement, sans remettre en cause leur intérêt pour le livre en dehors de ça. C’est exactement l’effet que ça m’a fait, et effectivement, autant pour Eco que pour la science-fiction, c’est un choix technique. Dans les deux cas, c’est une façon de rendre le roman plus « réaliste », même si pour Eco, l’enjeu n’est pas de rendre son univers plus immersif mais plutôt de pousser le lecteur à se remettre en question.
      Et je me demande si Orson Scott Card n’a pas écrit tout un chapitre sur cette question du niveau de détail scientifique en science fiction dans « Comment écrire de la fantasy et de la science-fiction »… Il faudrait que je vérifie^^.

  2. Je dois dire que ta chronique m’intrigue pas mal et me donnerait presque envie de jeter un œil au bouquin ^^ Mais il a l’air si long ! C’est combien de pages, en tout ? J’espère que ses chapitres sont plus courts que les miens…

    En tout cas je compatis pour l’ennui à la lecture, j’ai eu plusieurs déceptions récemment et, alors que je déteste abandonner un livre en cours de route… j’ai fini par craquer sur l’un d’eux tant il me mettait de mauvaise humeur.

    1. Je l’ai lu en version numérique donc je n’ai pas le nombre de pages exact. Je vois 640 sur plusieurs sites, mais d’après un autre, il compterait plus de 210 000 mots, ce qui représenterait 700 ou 800 pages selon les calculs classiques où tu comptes 250 ou 300 mots par page… C’est un beau bébé^^

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