Ecrire un monde meilleur

Contribuons à la destruction de la langue française avec l’écriture inclusive !

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler d’écriture inclusive…

Ne partez pas tout de suite ! Je sais, c’est « encore un truc de féministe », mais ça concerne aussi l’évolution de notre langue, et son pouvoir, et si ça n’intéresse pas les auteurices, je ne vois pas qui ça pourrait intéresser…

Écriture inclusive et identité de genre

Définition : l’écriture inclusive, qu’est-ce donc ?

D’après la définition de Wikipédia, l’écriture inclusive (aussi appelée langage épicène) est :

un ensemble de règles et de pratiques qui cherchent à éviter toute discrimination supposée par le langage ou l’écriture.

Différentes pratiques

Première remarque donc, l’écriture inclusive, ce n’est pas uniquement l’utilisation du point médian, c’est beaucoup plus vaste que ça.

Cela inclue :

  • la féminisation des noms de métiers,
  • le fait de doubler le nom (par exemple de dire « les françaises et les français », au lieu de simplement « les français », ce qui est théoriquement redondant),
  • le fait d’utiliser des mots englobants (par exemple, « la population française »),
  • etc…

Le point médian n’est pas non plus le seul signe qui peut être utilisé : les parenthèses (par exemple : un(e) employé(e) ), la barre oblique, les tirets étaient utilisés couramment dans des articles ou offres d’emploi bien avant que ne commence la controverse sur l’écriture inclusive…

La règle du « masculin l’emporte » peut également être remis en question dan l’écriture inclusive pour utiliser la règle d’accord de proximité : on accorde avec le dernier mot cité.

Cela signifie aussi que toutes les personnes qui utilisent l’écriture inclusive ne le font pas forcément de la même façon. L’écriture inclusive n’est pas un ensemble strict de règles que tout le monde applique, mais une philosophie qui vise à éviter le langage discriminant.

Un cadre plus large que le féminisme

Le deuxième point intéressant de cette définition, c’est qu’on n’y parle pas de féminisme, mais de discrimination au sens large.

D’après l’article Wikipédia, l’écriture inclusive concerne également les questions d’âge, de handicap ou d’origine ethnique. J’avoue que je connais beaucoup moins cet aspect de la question, ce n’est pas celui que je vais aborder principalement dans la suite de l’article (mais n’hésitez pas à en parler dans les commentaires !).

En tout cas, l’idée; justement c’est que l’écriture inclusive n’est pas « un truc de féministe » pour faire chier le monde, mais une réflexion plus globale sur le rôle de la langue dans les discriminations. Il ne s’agit pas non plus de règles strictes qu’un petit groupe de personnes essaient d’imposer, mais d’un ensemble de pratiques que chacun peut utiliser à sa guise.

Pour la suite de l’article, je vais essayer de répondre à un certain nombre de questions que j’ai pu entendre ou lire sur le sujet…

Questions en vrac

Peut-on écrire un roman en écriture inclusive ?

La question qui se cache derrière cette question, c’est « est-ce qu’un roman en écriture inclusive serait lisible ? ».

En pratique, le roman que vous écrivez en ce moment ne déroge pas forcément aux principes de l’écriture inclusive !

L’écriture inclusive s’applique principalement dans deux cas de figures (même si ce ne sont pas forcément les seuls) :

  • quand on parle d’une personne indéterminée ou d’un groupe de personnes, qui peuvent donc être de n’importe quel genre.
  • quand on parle d’une personne précise mais que cette personne est non-binaire, c’est-à-dire qu’elle ne s’identifie pas strictement comme un homme ou une femme mais comme aucun des deux, un mélange des deux ou un point sur le spectre (je vous encourage à aller lire des personnes plus qualifiées que moi sur le sujet^^).

Très peu de romans (et c’est dommage) parlent de personnages dans le second cas.

Quand au premier cas, il concerne rarement la fiction. Dans un roman, on parle de personnages spécifiques, qui aura à part rares exception un genre fixé par l’auteurice. Et donc, il n’y a pas besoin d’utiliser l’écriture inclusive pour parler de ces personnages…

Par contre, dans mon blog par exemple, je suis obligée de l’utiliser souvent, parce que je ne vous connais pas personnellement (pour la plupart^^) et je ne sais donc pas si mon lecteur est justement un lecteur ou une lectrice (il faudrait que mon blog demande aux lecteurices de renseigner leur genre à l’arrivée et adapte le texte en fonction… faut peut-être que je fasse breveter l’idée^^).

De la même manière, les journalistes, par exemple, vont souvent parler de groupes de personnes, par exemple « les enseignants », qui ne sont bien sûr pas uniquement des hommes. Les textes de lois, les publicités, les offres d’emploi, s’adressent également à des personnes non déterminées. Et les politiques eux-même utilisent régulièrement le langage épicène pour s’assurer de ne pas perdre 50% des voix…

Dans un roman, il y aurait certainement des passages concernés, mais ce ne serait clairement pas la majorité, et comme on l’a vu, on peut simplement utiliser dans ces cas-là des formulations globales qui sont invisibles pour le lecteur ou la lectrice (comme ça^^).

J’avoue, je n’ai pas fait l’exercice sur mon roman pour le moment, principalement parce que ça me parait beaucoup plus anecdotique que sur mon blog où je m’adresse en permanence à des personnes que je ne connais pas.

Est-ce que c’est un « péril mortel » pour la langue française ?

Cette question nous est transmise en direct par l’Académie Française. Non, ce n’est pas un poisson d’avril…

La réponse est donc : NON.

C’est bon, on peut passer à la suite ?^^

Ok, ok, je vais répondre plus sérieusement à cette question. Pour commencer, il y a plusieurs choses importantes à considérer :

  • Aucune langue (vivante) n’est fixée définitivement.

Ce n’est pas pour rien qu’on parle de « langues vivantes » justement (et de langues mortes pour celles qui ne sont plus utilisées). Un langage, ça évolue EN PERMANENCE. Historiquement, il n’y a pas eu des gens qui parlaient latin, puis d’un coup des gens qui parlaient ancien français, et pouf ! tout le monde s’est mis à parler le français moderne… Non non.

La langue change avec l’usage qu’on en fait, elle évolue différemment dans différents segments de la population et différentes régions (est-ce que l’Académie Française pense que la chocolatine est un péril mortel ?). L’écriture inclusive ne peut pas détruire la langue française, elle en deviendra simplement (ou pas) un composant si elle est adoptée.

  • L’Académie Française n’a en pratique aucun pouvoir

De la même manière que vous n’attendez probablement pas qu’un mot entre dans le dictionnaire pour l’utiliser (« écriture inclusive » entre dans le Robert dans l’édition 2019), est-ce que vous tenez vraiment compte des préconisations de l’Académie Française ? Est-ce que vous écrivez « oignon » sans i ou « nénuphar » avec un f ?

Non ? C’est bien ce que je dis^^.

Ce qui fait une langue, c’est l’usage courant. Si tout le monde se met à adopter un mot, une orthographe, ou une règle de grammaire, et bien elle fera partie de la langue (quel que soit l’avis de l’Académie Française à ce sujet…).

  • Mais les créateurices en ont

Cela signifie aussi qu’au départ, quelqu’un a introduit cette modification. Toute une population ne se réveille pas un matin en se disant « ah si on appelait deux tranches de pain avec un truc au milieu un sandwich ! ». Il faut que quelqu’un ait cette idée, et pour qu’elle se répande, cela implique aussi une diffusion large et rapide.

Les auteurices ont historiquement ce pouvoir : a priori, Shakespeare serait le père d’un grand nombre de mots de la langue anglaise. En ce moment je suis en train de lire un livre du début du XXéme sur le style (ce sera probablement le sujet de mon prochain article^^), et l’auteur, Antoine Albalat, s’énerve sur les néologismes et les tournures de phrases exotiques utilisées par ses pairs. Ce qui est très amusant, c’est que la plupart sont maintenant utilisées couramment… Les néologismes qu’il trouve ridicules et superflus sont passés dans le langage courant :leurs auteurices ont donc modifié la langue française.

De nos jours, cette modification passe aussi par d’autres canaux : principalement par les journalistes, qui ont le pouvoir de populariser très rapidement de nouvelles expressions, mais aussi par les réseaux sociaux, où un mot drôle ou efficace pourra se propager facilement.

C’est par exemple sur Tweeter que j’ai découvert le mot « auteurice », que je trouve plus simple et lisible que d’utiliser des points, tirets ou autre parenthèse, et il a l’air d’y être devenu courant.

Et est-ce que le mot auteurice risque de détruire la langue française ? Certainement pas, des mots nouveaux, il y en a tous les jours, qui sont créés pour s’adapter à la vie telle que nous la connaissons à notre époque, et l’écriture inclusive est simplement une petite facette de cette modification constante.

Est-ce que c’est facile, pratique, joli, d’utiliser l’écriture inclusive ?

Ne nous mentons pas, non ce n’est pas facile ! Nous avons des habitudes d’écriture, depuis notre plus jeune âge, et dans certains cas l’écriture inclusive peut aller à l’encontre de toutes les règles que nous avons apprises.

Mais justement, c’est une question d’habitude. Plus on l’utilise, et plus on lit de textes écrits selon ces principes, plus ça devient naturel.

Et en se basant sur l’évolution naturelle de la langue, c’est ce qui sera le plus simple et le plus pratique qui tendra à rester. A mon avis par exemple, le point médian a peu de chances de s’imposer, parce qu’il n’est pas directement accessible sur le clavier. Personnellement j’utilise plutôt le point classique, parce que c’est beaucoup plus simple et que je suis une feignasse. Mais je ne suis pas la seule à être une feignasse, et c’est probablement un signe que le point médian ne perdurera pas. Au contraire, les mots contractés style « auteurice », « spectateurice », etc ne demandent pas d’effort supplémentaire (à part celui de penser à l’utiliser) et ont probablement plus de chance de rester. En plus, c’est plutôt joli à l’écrit, et si on l’applique à des terminaisons en « eur »/ »euse » c’est encore plus mignon puisque ça fait « eureuse »^^. (Youtubeureuse, ça donne envie de faire des vidéos !).

Pour l’instant, je cherche encore ce qui sera à la fois le plus facile à utiliser, le plus lisible et le plus esthétique.

D’un autre côté, il y a aussi des formulations qui restent correctes même avec les règles grammaticales les plus strictes. Par exemple le fait de parler de « personnes » qui est un nom neutre, ou le fait de dire « toutes et tous », qui sont des formulations inclusives mais qui ne choqueront personne. Si vous êtes plus à l’aise avec ça, c’est une bonne façon de commencer

Malgré tout, pour l’instant, utiliser l’écriture inclusive reste un effort, une petite gymnastique mentale, qui deviendra de plus en plus simple avec la généralisation de l’usage, et l’habitude.

C’est un effort, mais ça ne signifie pas qu’il ne faut pas le faire. Après tout, personne n’a dit qu’écrire était facile, et on le fait quand même, non ?^^

Bien sûr, je vais parler de POURQUOI c’est important de faire cet effort un peu plus tard^^

Est-ce que je suis un connard/une connasse sexiste si je n’utilise pas l’écriture inclusive ?

Vous voyez, on peut utiliser le slash aussi^^.

Bien sûr que non ! Le but de mon article n’est pas de faire culpabiliser qui que ce soit, mais d’expliquer pourquoi je pense que c’est important de le faire, et de m’attaquer à quelques idées reçues (« péril mortel », ah ah LOL).

Je suis moi-même loin d’être parfaite sur le sujet, hein, vous avez surement remarqué que je ne suis pas très constante dans mon utilisation.

Je sais que ça peut être difficile d’entendre une proposition qui remet en cause ses propres habitudes. C’est un phénomène courant : par exemple, beaucoup de gens ont des réactions assez violentes envers les végétarien.nes, parce que l’existence même du végétarianisme les force à se dire qu’ils.elles ont peut-être moralement tort de manger de la viande. C’est un mécanisme de défense assez humain (qui atteint des proportions assez incroyables quand on parle de sexisme dans les jeux vidéos par exemple).

Mais comme aimer un jeu vidéo qui met une femme dans le frigidaire ne fait pas de vous un.e sexiste (alors que menacer de viol la personne qui pointe du doigt que le concept est sexiste, si), ne pas utiliser l’écriture inclusive ne vous rend pas sexiste non plus.

Autant dans l’analyse de média que dans la remise en cause du langage, on cherche à se débarrasser de la discrimination systémique, et pas à coller des pancartes sur des individus particuliers. (Je vous explique après ce qu’on entend par « discrimination systémique »)

Et la question brûlante : est-ce que c’est vraiment utile ?

C’est bien joli d’inventer de nouvelles orthographes et de nouvelles règles de grammaire pour combattre la discrimination, mais est-ce que ça marche vraiment ?

Malheureusement, je n’ai pas à ma disposition d’équipe de chercheurs pour lancer une étude poussée sur le sujet^^.

Mais il y a tout de même un certain nombre de notions et de faits qui laissent à penser que l’écriture peut être beaucoup plus qu’un geste symbolique.

Discriminations systémiques

Une première idée, qui n’est pas nouvelle, c’est que les discriminations sont souvent systémiques avant tout. C’est-à-dire qu’elles ne viennent pas d’un petit nombre de méchants racistes, sexistes et autres trucs en -istes, mais qu’elles sont inscrites dans le fonctionnement même de la société. Par exemple, actuellement les femmes sont très majoritaires dans la prise de congés parentaux, ce qui est un des facteurs d’écart entre les salaires des hommes et des femmes à poste égal. Dans ce cas précis, ce n’est pas une personne sexiste qui a baissé le salaire d’une femme, mais le fait que dans notre société et pour tout un tas de raisons, c’est presque automatiquement la femme qui prend ce genre de congé, ce qui impacte sa carrière et donc son salaire.

Le langage est une des nombreuses composantes de notre société, et joue donc un rôle dans les discriminations systémiques. Un exemple assez frappant est celui des sage-femmes. D’après les chiffres que j’ai trouvé, dans le début des années 2000 il y avait uniquement 1% d’hommes sage-femmes. Et on ne peut pas dire que c’est parce que les femmes enceintes n’aimeraient pas avoir une sage-femme qui soit un homme, parce que le taux de gynécologues-obstétriciens hommes est de 53% (en 2016) !

Le fait qu’un homme soit sage-femme n’a en soi rien de particulièrement choquant, à part le paradoxe inclus dans le nom…

(Petit rappel : les femmes sont les premières à souffrir du sexisme, mais ça ne veut pas dire que les hommes n’en sont pas victimes non plus. Le but du féminisme est d’éradiquer le sexisme et ses effets nocifs pour les femmes ET pour les hommes^^).

Le poids des préjugés

La plupart des gens ne diront jamais qu’ils ou elles pensent que telle catégorie est inférieure à telle autre (il y a toujours des exceptions, bien sûr…). Par contre, tout le monde sans exception a des préjugés, ou des idées préconçues.

Certaines de ces idées peuvent venir d’expériences personnelles : par exemple, vous détestez le prénom « Laura » parce qu’une fille qui vous maltraitait au collège s’appelait comme ça.

D’autres idées préconçues viendront d’expérience plus globales, partagées, souvent liées aux médias. Par exemple, vous avez été exposé.e depuis la plus tendre enfance à des méchants Disney avec des traits efféminés, présentés comme effrayants ou ridicules, vous pourrez avoir une méfiance inconsciente et dénuée de raison envers un homme efféminé.

On forme tous et toutes des représentations mentales qui ne sont pas conscientes. C’est ce qui nous permet d’imaginer immédiatement un tronc, des branches et des feuilles si quelqu’un dit « arbre ». Et je suis prête à parier que l’arbre que vous avez imaginé était plus proche du chêne que du bouleau, du sapin ou du baobab. Nous avons tous une image par défaut d’arbre, qui vient à la fois de notre expérience et des médias que nous avons consommés et qui très semblable entre individus d’une même culture.

Dans le cadre de la discrimination, c’est cette représentation inconsciente d’un certaine catégorie de personne qui peut vous amener à traiter différemment les gens sans même vous en rendre compte. En arrivant chez le médecin, si vous voyez un homme et une femme, vous allez avoir tendance à penser que c’est l’homme le médecin et que la femme est sa secrétaire. Cette idée peut être liée au fait que vous avez vu plus d’hommes médecins que de femmes médecins dans votre vie. Mais le fait qu’il n’existe même pas de mot spécifique pour désigner une femme médecin n’aide pas : si on dit « un médecin », on pense « un homme ».

L’idée donc, c’est de redéfinir la représentation par défaut qu’on peut se faire, notamment en arrêtant d’effacer la présence de femmes dans certaines activités.

Dans le cas spécifique de l’écriture, en parlant toujours d’auteur au masculin, on entretient l’idée que l’écriture est une affaire d’hommes, alors que de nos jours, en particulier sur les plateformes et les réseaux sociaux, la majorité des auteurs sont en fait des autrices !

Pour rappel, le terme « autrice » était effectivement utilisé jusqu’au XVIIéme, avant d’être a priori banni par … l’Académie Française.

L’Académie Française ne reconnait d’ailleurs la féminisation des noms de métier (comme « une informaticienne », « une ministre » ou « une autrice ») que depuis… le 28 février 2019. Il était temps^^.

Donc pour résumer :

De nos jours, très peu de gens iront déclarer qu’une catégorie de personne est inférieure à une autre. Je pense (j’espère !) que peu de gens le pensent en ces termes.

Par contre, beaucoup de gens (quelque soit leur genre !) auront tendance à penser qu’une femme sera moins bonne conductrice, ou sera plus bavarde, ou plus dépensière ou moins logique…

Et sur ce point autant les œuvres de fiction (y compris sketchs, chansons, etc) que le langage en général pourront renforcer ce genre de représentations nocives. Ou pire encore, simplement effacer l’existence de catégories entières comme les femmes ministres qui devaient s’appeler Madame LE Ministre selon l’Académie, ou les personnes non-binaires dont j’ai très peu parlé dans cet article mais dont nos règles grammaticales effacent totalement l’existence.

Expression et identité de genre

Les possibilités d’expression de ces personnes sont plus vastes dans les pays anglophones par exemple, qui sont beaucoup plus avancés que nous sur la question : pour commencer, en anglais, il n’y a pas d’accord en fonction du genre. Cela signifie en pratique que le pronom et ses déclinaisons sont la seule marque de genre dans la phrase. Il existe différents pronoms neutres, ou désignant spécifiquement des personnes non-binaires (en anglais, une pratique de plus en plus répandue consiste à indiquer les pronoms avec lesquels on veut être appelé.e), mais l’usage de they/them/their est en train de se généraliser. En théorie, ces pronoms sont utilisés au pluriel, mais ils étaient déjà utilisés pour désigner une personne indéfinie et c’est en train de devenir la norme.

Une autre tendance courante chez les anglophones, est d’alterner entre le masculin et le féminin dans les cas indéfinis. Par exemple, là où en français on utilisera toujours « un auteur » en exemple, les anglais pourront alterner avec « une autrice », ce que je ne crois pas avoir déjà vu en français.

Le résultat, c’est que les pays anglophones ont des discussions beaucoup plus avancées (ou en tout cas plus « grand public ») sur les questions d’identité de genre, là où en France les bases linguistiques ne sont même pas encore là…

Pour conclure

Voilà, j’espère que cet article vous aura intéressé.e.s et fait réfléchir sur la question. Que l’on pense ou pas que ça soit pratique, lisible, efficace, etc, je trouve que ça reste un sujet passionnant en tant qu’auteurice. Après tout, le langage est notre matière première !

Malheureusement, je n’ai pas eu le temps de faire autant de recherches que ce que j’aurais aimé, il y a certainement des articles beaucoup plus poussés sur le lien entre langage, discrimination, identité de genre, etc.

Si vous avez des ressources intéressantes sur le sujet, n’hésitez pas à partager !

Et vous, est-ce que vous utilisez l’écriture inclusive ? Si non, pourquoi ? Si oui, que préférez-vous ? Point médian, tirets, formulations englobantes ? Autre chose ? Dites-nous tout dans les commentaires !

2 réflexions au sujet de “Contribuons à la destruction de la langue française avec l’écriture inclusive !”

  1. Ce débat français est surréaliste vu de Suisse. Ici, on s’est mis à l’écriture épicène et à la féminisation des noms de métiers il y a vingt ans, sans heurts ni grands débats.

    Une partie des réactions offusquées qu’on a pu lire ici et là sont liées à une sacralisation de la langue qui me semble typique de la culture française. Certains se sont imaginés avec une mauvaise foi sidérante qu’on allait toucher aux classiques, en y injectant de force des terminaisons épicènes. Il faut surtout y voir selon moi un banal sexisme. Les formes un peu lourdes de l’écriture inclusive sont principalement destinées à la communication officielle et administrative, pas à la littérature.

    Très beau billet, merci.

    1. En fait le langage épicène (en particulier les parenthèses et les slashs) était répandu depuis un moment, sans que ça ne fasse de vagues. Le débat s’est lancé quand le point médian est apparu dans un manuel scolaire en 2017. Dans certains milieux conservateurs, ça a provoqué beaucoup d’émois, avec la question de ce que les écoles pouvaient apprendre aux enfants sur la notion de genre…
      Pour ce qui est de la féminisation des noms de métier, a priori c’est surtout l’Académie Française qui en a fait un cheval de bataille. Heureusement, on n’a pas attendu 2019 pour dire « une informaticienne » !(avant d’écrire cet article, je ne savais même pas que ça avait été déconseillé par l’Académie).

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