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Caractériser ses personnages : le modèle des « Big Five »

Cette semaine, j’ai envie de vous proposer un article un peu différent de ce que je fais habituellement.

Créer des personnages qui agissent comme des personnes réelles, qui ont une vraie « personnalité » est un des enjeux majeurs de l’écriture. Mais dans ce cas, on peut se demander, qu’est-ce que la personnalité ?

Je vous propose donc de découvrir un modèle assez courant en psychologie : celui des « Big Five ». Oui, on va parler psychologie…

Pourquoi s’intéresser aux traits de personnalités en écriture ?

Questionnaires

Pour construire un personnage, il existe beaucoup de techniques différentes. On trouve par exemple sur internet des tonnes de questionnaires, avec des questions allant de la couleur des yeux à la nourriture préférée en passant par l’orientation politique des parents. Ce genre de questionnaire peut donner une vision très précise d’un personnage, mais prend beaucoup de temps (en particulier si vous voulez faire ça pour TOUS vos personnages), et on peut tomber dans l’agression sexuelle sur dyptère, pour parler poliment^^ : comme dans le worldbuilding, il est facile de se laisser entrainer et de concevoir des détails qui soit ne seront jamais utilisés ou pire le seront, en dépit de la qualité du roman…

Ce n’est pas une critique des questionnaires, si cela marche pour vous, continuez ! Mais pour certaines personnes (moi par exemple), cela n’est pas forcément très efficace.

Motivations

De mon côté, j’ai tendance à pencher de l’autre côté du spectre, et à garder une idée assez minimale de mes personnages. Dans mon esprit, mes personnages sont caractérisés surtout par une ou deux motivations principales, quelques traits de caractère, et des peurs ou faiblesses. Ce choix de motivation a l’avantage de donner une direction au personnage : dans le doute, on peut le faire agir en fonction de ce but.

Ma vision des personnages est en général un peu plus complexe que cette simple motivation, mais j’ai rarement fait l’effort de détailler sur le papier l’image que j’avais dans la tête (en dehors du roman bien sûr^^).

Le risque en travaillant de cette manière, c’est de se retrouver soit avec des personnages très mono-dimensionnels (par exemple, un personnage obsédé par sa carrière, ou par sa famille, etc), mais aussi avec des personnages qui peuvent être inconsistants. Après tout, il peut y avoir beaucoup de moyens différents d’atteindre un même but par exemple, et une motivation seule, même si elle donne une idée de la psychologie du personnage, n’est pas forcément suffisante.

Je me suis donc intéressée à d’autres modes de caractérisation des personnages.

Myers-Briggs Type Indicator : MBTI

Le MBTI est un outil d’évaluation de la personnalité extrêmement populaire, en tant qu’aide au choix de carrière par exemple, mais aussi auprès de la communauté littéraire sur Internet. Il a été créé par Katharine Cook Briggs et sa fille Isabel Briggs Myers pendant la Deuxième Guerre Mondiale, à l’origine dans le but d’aider les femmes à choisir le métier qui leur convienne le mieux pendant la guerre.

Il s’agit d’une typologie qui classe les individus selon 4 axes, avec deux possibilités pour chaque axe :

  • Attitude : Extraversion(E)/Introversion(I)
  • Recueil d’information : Sensation(S)/Intuition(N)
  • Prise de décision : Pensée(T)/Sentiment(F)
  • Mode d’action : Jugement(J)/ Perception(P)

En pratique, on répond à un questionnaire et on se retrouve avec un ensemble de 4 lettres nous plaçant sur les 4 axes (avec donc 16 possibilités). Par exemple, j’ai fait le test et je suis dans la catégorie INFJ, comme Gandhi, Platon et Simone de Beauvoir, oui oui^^. Chaque catégorie est donc censée d’écrire un type de personnalité.

Je ne rentre pas plus dans le détail de chaque dimension et profil, il existe des quantités incroyables d’articles sur le sujet.

L’avantage, c’est qu’il s’agit d’une description de la personnalité assez simple (seulement 4 axes) mais avec tout de même 16 grands groupes, et surtout c’est une caractérisation basée sur la façon dont la personnage interagit avec le monde. En théorie, en fixant le « type » d’un personnage, cela aiderait à déterminer la façon dont il ou elle réagirait dans une situation donnée.

Les Big Five

Pourquoi utiliser un autre modèle que le MBTI ?

Mais si le MBTI est ultra-populaire, il n’est pas du tout à la page d’un point de vue scientifique. Le MBTI n’a d’ailleurs jamais été validé scientifiquement. En particulier, il n’a jamais été prouvé que les personnes avec un profil MBTI théoriquement meilleur pour un type de carrière soit effectivement plus heureuses ou plus efficaces dans cette carrière. Le test est considéré comme peu reproductible (on n’a pas forcément les mêmes résultats si on le repasse), peu prédictif (le fait d’avoir un certain résultat au test ne permet pas par exemple de prédire la réussite dans une carrière), en plus de pouvoir être biaisé parce que ce que la personne qui répond au questionnaire considère comme « désirable ». Et les différents types de personnalité sont issus d’observations mais pas basés sur des données.

En soi, ce ne sont pas vraiment des problèmes si on veut simplement utiliser le MBTI en tant qu’outil d’écriture : dans ce cas, ce n’est qu’un descriptif d’un personnage, il n’a pas besoin d’être correct scientifiquement.

Malgré tout, je me suis dit que ça pourrait être intéressant de jeter un coup d’œil à un modèle scientifiquement plus utilisé et accepté aujourd’hui : celui des Big Five (c’est mon biais de littéraire qui a fait des études scientifiques : j’aime bien quand il y a de la science derrière).

Non seulement, cela peut être un modèle intéressant si vous cherchez à caractériser facilement vos personnages, mais je trouve aussi qu’avoir des bases de psychologie, et donc mieux comprendre le comportement humain en général est certainement un avantage en écriture…

C’est parti pour un petit cours de psycho ! (Très vulgarisé, et je ne suis pas du tout une experte, je vous encourage donc à faire vos propres recherches si le sujet vous intéresse^^)

Comment décrire la personnalité scientifiquement ?

Le modèle des Big Five décrit la personnalité humaine comme ayant 5 composantes (que je décrirai ensuite). Mais comment en est-on arrivé à cette conclusion ?

Plusieurs équipes de chercheurs ont listé les mots utilisés pour décrire la personnalité humaine. Leurs sujets de tests ont ensuite répondu à des questionnaires basés sur ce thésaurus, sur lesquels les équipes de recherche ont appliqué une analyse factorielle, une technique de statistique (mon dieu, des maths !!!) qui a permis de regrouper les qualificatifs entre eux lorsqu’ils étaient statistiquement liés.

Par exemple, si 100% des personnes qui se décrivent comme « organisées » se décrivent aussi comme « ordonnées », cela signifie qu’on peut regrouper les deux dans une même catégorie (c’est un exemple très simplifié bien sûr^^). Évidemment, ça parait évident lorsqu’il s’agit de synonymes, mais certaines caractéristiques peuvent être liées sans forcément être synonymes, comme par exemple « organisé » et « consciencieux ».

Au moins quatre équipes distinctes de chercheurs et chercheuses ont effectué cette analyse (dans différentes langues) et trouvé 5 traits de caractère, qu’ils n’ont pas forcément nommé exactement de la même manière, mais qui étaient équivalents (d’autres études statistiques ont mesuré la corrélation entre ces différentes descriptions pour établir cette équivalence)

Ces 5 traits de caractère sont en théorie orthogonaux, c’est à dire indépendants les uns des autres.

Et ce modèle a un avantage, c’est qu’il a a priori une vraie valeur prédictive dans beaucoup de domaines : par exemple sur la probabilité de déclarer une maladie mentale, sur les modes d’apprentissage, la qualité des relations amoureuses ou même l’orientation politique.

Ces traits de caractère, même s’ils peuvent évoluer au cours de la vie (avec certaines tendances à certains âges), restent malgré tout assez stables dans le temps.

Cinq traits de personnalité : OCEAN

Je sais, il est temps de vous détailler ces fameux « Big Five« , aussi appelés OCEAN à cause de leur acronyme.

Pour précision, il s’agit d’une échelle : chaque personne présente plus ou moins chaque trait, personne n’a entièrement ou pas du tout un des traits suivants.

  • Ouverture

Ouverture à l’art, aux émotions, curiosité et imagination, ouverture à la nouveauté et aux expériences. Peut impliquer manque de focus, comportements risqués, imprédictibilité

  • Conscienciosité

Auto-discipline, organisation, respect des obligations. Peut aussi signifier entêtement, manque de flexibilité et de spontanéité

  • Extraversion

Énergie et émotions positives, recherche de la stimulation et compagnie des autres, interaction recherchée avec le monde extérieur

  • Agréabilité

Compassion et coopération plutôt que soupçon et antagonisme, gentillesse, générosité

  • Neuroticisme

Tendance à éprouver et enregistrer des émotions désagréables, contraire de la stabilité émotionnelle, vulnérabilité au stress

Personnalité et survie

Même si ce n’est pas forcément un lien qui a été fait dans les différents articles et livres que j’ai lu sur le sujet, j’aime bien envisager ces traits de caractère en terme d’évolution/atout pour la survie. Attention, il s’agit de ma propre interprétation, avec des exemples un peu basiques, pour m’aider à comprendre pourquoi ces traits en particulier ont pu apparaitre, ce n’est absolument pas fondé sur des recherches ou quoi que ce soit^^. On va dire que c’est un exercice de pensée : pourquoi ces traits de caractère auraient-ils pu se développer dans l’espèce humaine ?

Accessoirement, c’est une façon de réfléchir aux forces d’un personnage qui aura ces traits de personnalité.

  • Ouverture : Celui-ci est facile, puisque c’est celui qui pousse aux expériences nouvelles. Pour inventer le feu et la roue, ou simplement de nouvelles façons de chasser plus efficacement, il a forcément fallu des personnes ayant ce trait de personnalité.
  • Conscienciosité : La consciensiosité est un atout pour la vie en société, puisqu’elle est liée au respect des règles mais elle est surtout un atout pour accomplir des projets à long termes. Par exemple, ce sera une personne avec une forte consciencieuse qui aura à la fois la capacité d’organisation et de self-contrôle pour faire des réserves de nourriture pour l’hiver suivant. Plutôt important en terme de survie^^.
  • Extraversion : J’ai un peu plus de difficultés à caractériser l’extraversion en terme de « survie ». Mais globalement, une personne extravertie sera plus active, et aura tendance à vouloir interagir avec les autres et avec le monde, ce qui est clairement un avantage dans des contextes où la nourriture est difficile à trouver par exemple.
  • Agréabilité : Quitte à sortir un cliché, « l’union fait la force ». Une personne ayant un niveau élevé d’agréabilité sera bien plus à même de collaborer avec ses congénères. Indispensable pour la chasse au mammouth^^.
  • Neuroticisme : À première vue, le neuroticisme n’est pas un trait de personnalité très désirable. Quel intérêt à être facilement stressé, facilement malheureux/se, à enregistrer plutôt les mauvais souvenirs que les bons ? (une question qui m’intéresse puisque je me reconnais un peu trop dans ce trait de personnalité^^). Mais au niveau basique « survie de l’individu », c’est tout à fait logique : si tu enregistres fortement par exemple la douleur de la brulure quand tu as approché ta main du feu, eh bien tu vas faire attention avant de recommencer. Un trait de personnalité parfait pour éviter de refaire les mêmes erreurs.

Critiques du modèle

Encore une fois, dans le cadre d’un outil d’écriture, on s’en fiche un peu que ce soit solide scientifiquement ou non, mais je préfère quand même vous parler un peu des critiques qui ont été fait aux « Big Five ».

Contrairement au MBTI, il y a eu de nombreuses études qui ont validé ces 5 critères, qui ont reproduit les résultats, et qui ont prouvé qu’ils pouvaient être utilisés en tant qu’outil prédictif (par exemple pour les maladies mentales). Cela signifie que c’est un modèle qui fonctionne, mais pas forcément que c’est le seul ou le meilleur modèle.

Un des reproches principaux est lié au fait que le point de départ de cette étude soit sémantique : elle est basée sur des mots décrivant la personnalité, ce qui peut entrainer des biais. Le langage est social, il va donc contenir plus de mots pour décrire les aspects sociaux que physiques ou mentaux par exemple, il y a donc un biais envers l’Extraversion, de même qu’un biais envers le Neuroticisme, parce que le langage décrit plus les émotions négatives.

C’est aussi une description purement empirique de la personnalité, sans théorie, c’est à dire que les équipes de recherche ont isolé 5 traits de personnalité mais n’ont pas cherché à les expliquer. A l’inverse, par exemple le Questionnaire de Personnalité d’Eysenck comporte seulement 3 dimensions (Extraversion, Neuroticisme et Psychotisme) mais un travail a été effectué pour lier ces dimensions à l’activité cérébrale : le neuroticisme par exemple serait lié à des seuils d’activation plus bas dans le système nerveux sympathique qui permet entre autre de préparer un individu à fuir.

La dernière critique dont je parlerai et qui est intéressante du point de vue « outil d’écriture », c’est que le nombre de traits de ce modèle est assez limité, et laisse de côté d’autres dimensions de la personnalité (qui pourraient être intéressantes en tant qu’auteurice), comme la religiosité, le sens de l’humour, la séduction, l’honneteté, etc.

Adaptation pour l’écriture

En pratique, les traits de personnalité du modèle Big Five pourront être utilisés de la même manière que ceux du questionnaire Myers-Briggs.

Vous pouvez définir à l’avance les profils de vos personnages et vous en inspirer pour déterminer leurs réactions au cours de votre roman.

A l’inverse (si vous êtes plutôt du type Jardinier entre autres), vous pouvez évaluer leur personnalité à la fin du premier jet, et ensuite vous en servir pour vérifier que leurs actions sont bien cohérentes tout au long du roman.

Pour rappel, il s’agit d’une échelle, pas d’un choix fermé, donc vous n’avez pas besoin de pousser à l’extrême l’interprétation de chaque trait.

Pour m’amuser, voici un petit exemple de l’influence que ces traits de personnalité pourraient avoir sur l’écriture d’une sortie au restaurant :

Sarah se balade dans la rue avec des amis et cherche un endroit pour manger. Si elle est plutôt Ouverte, elle proposera le resto Cambodgien devant lequel ils viennent de passer parce qu’elle n’a jamais gouté cette cuisine. Sinon elle votera pour le resto à sushi où ils vont toutes les semaines.

Sarah est étudiante et n’a pas beaucoup de revenus. Si elle est plutôt Consciencieuse, elle choisira un plat peu cher et boira de l’eau pour faire des économies, sinon elle prendra tout ce qui lui fait plaisir.

Tout le monde est servi sauf Sarah. Si elle est très Extravertie, elle n’hésitera pas à héler le serveur, et peut-être même aller en cuisine réclamer son plat. Sinon elle attendra sagement qu’on lui apporte (ou que quelqu’un d’autre aille râler).

A l’heure de l’addition, ses amis veulent partager. Avec un taux élevé d’Agréabilité, elle acceptera, même si elle avait fait l’effort d’être la moins dépensière possible.

En étant plutôt Neurotique, Sarah aura été stressée et mal à l’aise au cause du retard de son plat puis de la discussion sur l’addition. Comme elle est inquiète sur sa situation économique, elle hésitera sûrement à accepter une autre invitation avec ses amis. A l’inverse, elle aura passé un bon moment qui lui aura changé les idées…

Voilà c’était juste un petit exemple de la manière dont l’utilisation des traits de personnalité peut guider l’écriture de la réaction des personnages. C’était un exercice amusant, qui permet de réfléchir à la façon dont les traits de personnalité peuvent influencer les actions (et aussi parce que le fait de citer des traits de personnalité ressemble à un manuel de jeu de rôle^^).

Conclusion

Cet article tenait plus de la leçon de psychologie que du conseil d’écriture, mais je trouvais intéressant de présenter une autre option que Myers-Briggs qu’on voit partout. J’avoue que personnellement, je suis un peu trop laxiste sur la définition de mes personnages.

Je suis convaincue que la dimension motivations/peurs est très importante, de même que l’évolution du personnage (voir là-dessus L’Anatomie du Scénario de John Truby, de toute urgence).

La motivation et la dynamique désir/besoin sont cruciales pour diriger l’intrigue, mais il faut reconnaitre qu’elles ne sont pas forcément suffisantes à rendre un personnage multi-dimensionnel. C’est là que s’intéresser aux traits de personnalité pourrait aider.

En tout cas écrire cet article m’a donné envie de faire l’exercice pour mon second roman, ou justement j’ai un peu de mal à cerner mes personnages. On verra si ça m’aide^^.

Et vous, est-ce que vous utilisez Myers-Briggs pour définir vos personnages ? Plutôt des questionnaires super complets ? Autre chose ? Dites-moi tout dans les commentaires !

 

5 réflexions au sujet de “Caractériser ses personnages : le modèle des « Big Five »”

  1. Super article ! J’adore les sujets de psychologie 🙂
    J’ai longtemps fonctionné aux questionnaires en fonçant dans tous les travers possibles, c’est-à-dire que mes personnages allaient avoir un physique bien précis, mais en revanche aucune réflexion sur les besoins, les faiblesses et les objectifs.

    Je suis très fan du test MBTI (team ISFJ ^^) parce que je le connais bien, je l’ai fait passer à pas mal de gens dans mon entourage donc j’arrive assez bien à associer mes personnages à tel ou tel type. Mais c’est une chose de se dire « mon personnage est ENTP » et une autre que d’appliquer cette caractérisation à chacune de ses actions. Pas toujours évident de le garder en tête (contrairement aux objectifs / faiblesses).

    J’aime bien ton test des big five, je ne le connaissais pas mais tes explications sont très claires. J’ai juste un peu de mal avec l’aspect Extraverti, qui serait pour moi plutôt un mélange d’Ouverture et d’Agréabilité. Peut-être avec en plus une dimension de confiance en soi ? Un côté « grande gueule », proactif ?

    Dans le même style, j’ai étudié récemment le modèle Process Com qui distingue 6 types de personnalité (ou plutôt six « étages » qui composent notre personnalité à différents degrés) : le Travaillomane (l’organisé/consciencieux), le Promouvant (l’Extraverti/proactif), le Rêveur (Solitaire/imaginatif), le Persévérant (Engagé), l’Empathique (attentif aux autres) et le Rebelle (qui n’aime pas les règles ni les cadres).
    Il y a aussi l’ennéagramme, le test des couleurs… Au final, ils se ressemblent tous un peu je pense (ce qui paraît logique), tout dépend du niveau de détails qu’on y met. A chaque auteur de trouver le modèle avec lequel il est le plus à l’aise pour travailler 🙂

    1. Effectivement, je me suis posé la question pour l’Extraversion en écrivant l’article. Je suis arrivée à la conclusion que si Agréabilité et Extraversion vont bien ensemble ils ne sont pas forcément liés : par exemple une personnalité de « dictateur » (qui va chercher à diriger, à imposer son avis à un groupe) serait Extravertie mais pas Agréable. Même chose pour les personnes imbues d’elles-même/vantardes qui ont besoin d’une audience par exemple et vont chercher l’admiration sans forcément s’intéresser aux autres. A l’inverse quelqu’un de timide qui fuit le conflit serait Introverti et Agréable.
      Je ne connais pas du tout le Process Com, je vais jeter un coup d’oeil. Effectivement, il faut trouver l’outil qui fonctionne pour soi-même, mais en même temps chacun donne une vision différente de ce qui peut caractériser une personne, et c’est toujours intéressant, je trouve, même si on a déjà trouvé le processus idéal^^

  2. Hello, j’aime bien tes articles qui sont très complets, notamment avec les avantages/inconvénients de ce que tu présentes ^^
    J’avoue ne pas être une grande fan du Big5 que je trouve trop simpliste. Et le fait que ça soit solide du point de vue scientifique ne fait pas tout, déjà parce que rien n’est totalement objectif (ces scientifiques sont forcément modelés par leur vécu, origine, classe sociale, etc.) donc à partir du moment où on prend ça en compte… la « preuve scientifique » tient-elle vraiment la route ?
    Pour le MBTI, je vais être honnête, j’adore ce modèle. J’ai fait comme beaucoup de gens je pense, en passant le test en ligne plusieurs fois, pour vérifier mon résultat. Et puis je suis tombée sur un super blog qui détaille en quoi le test n’est pas fiable. Pour réellement trouver son type, c’est un travail d’auto-observation/d’introspection et de connaissance des différentes fonctions cognitives (en plus de demander un avis extérieur, à son entourage proche pour voir si on ne se raconte pas n’importe quoi)
    Du coup, je te laisse le lien pour voir la liste des articles sur le blog en question (elle a écrit énormément sur le MBTI, j’imagine que tu vas pouvoir te régaler niveau lecture ^^) http://antredelachouette.blogspot.com/2016/07/liste-des-articles.html
    Je vois dans le commentaire d’Astrid qu’elle cite le modèle de l’ennéagramme, ça aussi c’est un sujet passionnant (là encore, les tests, ça n’est pas une bonne idée !) et l’un des sites de référence se trouve à cette adresse : http://www.enneagramme.com/
    Pour répondre à ta question, j’essaie effectivement de travailler avec le MBTI et l’ennéagramme pour mes personnages (et aussi pour deviner les types dans ma famille, histoire de mieux communiquer avec elleux). Je dis « essayer » parce que ça reste complexe, surtout quand j’attribue un type (à un perso) qui est à l’opposé de mon propre fonctionnement XD En soi, c’est pas plus mal, ça me permet de ne pas oublier qu’on voit tous le monde d’une manière différente… (alors que plus jeune, je voyais bien dans mes histoires que mes perso n’étaient pas très variés puisqu’ils n’étaient que mon mode de pensée mais en dilué ^^’)

    1. Effectivement, c’est un modèle qui a ses limitations (mais j’avoue que j’apprécie toujours quand il y a un peu de maths derrière^^). Ce que j’ai trouvé intéressant, c’est qu’a priori, les équipes de recherche retrouvent des résultats similaires même sur des cultures différentes, et c’est assez surprenant étant donné que la façon dont ils ont déterminé ces 5 axes est basée sur le langage. De ce que j’ai lu, la façon d’exprimer les traits de personnalité seraient différente selon les cultures, mais on retrouverait les mêmes traits quand même. J’aimerais bien lire un peu plus là-dessus, je trouve ça assez fascinant.
      Mon problème avec les questionnaires, c’est que j’ai toujours envie de répondre « ça dépend de la situation »^^. Merci pour les liens, ça a l’air intéressant.
      Et effectivement, je crois que la plus grosse difficulté, c’est de s’extraire de sa propre façon de penser… J’ai écrit mon premier roman avec un héros qui a une personnalité assez proche de la mienne, et j’aimerais bien m’en affranchir pour le second. Ne serait-ce que parce que je suis partie pour avoir 2 points de vue distincts, et j’aimerais bien qu’ils soient vraiment différents^^. Et c’est pas facile…

      1. Quand tu parles de cultures différentes, est-ce que ça se passe sur différents continents ? Je me demande s’ils ont pris en compte aussi le fait qu’un pays ait été colonisé ou non, car ça peut jouer dans la personnalité du peuple (en terme de « voilà le modèle que vous devez suivre, laissez tomber votre culture »). Pour l’ennéagramme, le créateur de l’institut français a posté sur le forum l’analyse de différents pays (il ajoute aussi un éclairage avec la spirale dynamique) : http://www.enneagramme.com/forum/index.php?/forum/14-peuples-pays-villes-et-cultures/
        Haha oui, je vois ! Au fond, on a tendance à avoir un comportement précis mais c’est juste qu’on ne se rend pas compte. En plus, c’est difficile de prendre du recul parce qu’on va se baser sur des souvenirs marquants parfois, or ce n’est pas parlant. Comme on fonctionne avec beaucoup d’automatismes, on arrive moins bien à voir les choses au quotidien…
        Je te souhaite d’y arriver pour ton second roman (et bravo d’avoir fini un premier roman !!)

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