J'y travaille

Bilan NaNoWriMo 2022 : une victoire confortable

Je sais, j’ai tué tout suspens rien qu’avec le titre…

Bannière gagnant NaNoWriMo 2022

Victoire !

J’ai gagné ! J’ai atteint mon objectif pour NaNoWriMo, ma septième victoire en sept participations depuis 2015 (2021 doit être la seule année où je n’ai pas participé).

Plutôt un beau palmarès, non ?

Et c’est là que j’enchaine sur mon petit secret pour gagner NaNo à tous les coups (tellement secret que j’en parle à tous mes articles sur le sujet) : j’ai gagné, mais seulement selon mes propres objectifs.

Je suis très loin d’avoir écrit 50 000 mots en ce mois de novembre, je ne peux pas vraiment faire le décompte mais je serai déjà surprise d’avoir atteint les 10 000 mots. Je ne suis pas entièrement sûre, mais je pense que sur mes sept victoires, seulement deux pourraient être considérées comme de « vraies » victoires. Mais pour ma part, je ne considère pas ça comme de la « triche ». Vous remarquerez que je passe beaucoup de temps dans mes articles à préciser sous quelles conditions je considère avoir « gagné » (peut-être trop^^).

Pour moi, l’essentiel, c’est de m’être fixé un objectif, cette année trente heures d’écriture (et activités adjacentes) et d’avoir atteint cet objectif.

J’ai suivi en novembre les vlogs d’une autrice américaine (Sarra Cannon, sur la chaine Youtube Heartbreathings), et elle a dit quelque chose qui m’a marquée. C’était en anglais et je ne me souviens plus de la phrase exacte mais en substance, elle disait qu’il n’était pas nécessaire de se mesurer à une échelle du succès construite pour quelqu’un d’autre que soi.

Des circonstances uniques

J’en ai déjà parlé un certain nombre de fois sur ce blog, mais tout le monde ne fonctionne pas de la même manière, tout le monde n’est pas dans les mêmes circonstances, tout le monde n’est pas au même point de son roman ou de son évolution en tant qu’auteur ou autrice.

Certaines personnes peuvent écrire 5000 mots par heure (oui, a priori ça existe), pour d’autres 500 c’est déjà beaucoup. Certaines personnes sont en vacances, ou à la retraite ou au chômage. D’autres sont en plein rush au boulot ou viennent d’avoir un bébé. Certaines personnes ont une toute nouvelle idée de roman, un plan, et meurent d’envie de se lancer. D’autres ont un roman déjà bien avancé qu’il s’agit plutôt de corriger…

50 000 mots, c’est un objectif complètement arbitraire. D’après le site de NaNoWriMo, c’est un objectif « challenging mais atteignable pour beaucoup de gens ». C’est aussi une longueur qui peut être considérée comme celle d’un roman puisqu’il semblerait que ce soit la longueur de Gatsby le Magnifique, en tout cas en anglais.

NaNoWriMo, pour le meilleur seulement

Pour être claire, là je ne suis pas en train d’essayer de me justifier envers vous de ma décision de participer à NaNoWriMo sans essayer d’atteindre les 50 000 mots, pas du tout. J’essaie de vous convaincre de passer du côté obscur…

Pour moi, NaNoWriMo est toujours une super expérience, parce que ça me permet systématiquement d’avancer sur mes projets, dans une ambiance sympa (même si cette année j’ai fait 0 effort social, je ne me suis même pas connectée sur le discord), et qu’à la fin, je suis toujours contente. Mais je sais que ce n’est pas le cas pour beaucoup de personnes ! Pour elles, NaNo peut être un objectif inaccessible, se transformer en échec récurrent, et en culpabilité (« pourquoi les autres y arrivent et pas moi ? »), ce qui donne rarement des bons résultats en terme de créativité… Pour d’autres (comme ça a pu m’arriver aussi), même la victoire peut mal tourner et ressembler méchamment au burn out… Si c’est votre cas, alors demandez-vous si 50 000 mots est bien l’objectif qu’il vous faut.

Demandez-vous ce qui est possible et réaliste pour vous en ce moment (pas trop facile non plus), et ce qui vous fait avancer dans la direction que VOUS voulez. Dans mon cas, même si j’avais été à 100% de ma forme et de mon inspiration, je ne suis pas dans une période où je veux commencer un nouveau roman, je veux travailler sur celui qui est en cours. Et ça implique d’écrire de nouveaux mots, mais surtout de réviser ceux que j’ai déjà écrits. Je voulais aussi relancer ce blog, et j’en ai profité pour le faire. Ecrire 50 000 mots d’un nouveau roman n’aurait eu aucun sens pour moi cette année. Décidez de ce dont VOS projets ont besoin.

Bon je n’avais pas exactement prévu de me lancer dans cette tirade, mais c’est un sujet qui me tient à cœur. Nano peut être un super événement, mais il a aussi une part « toxique » : cette part qui encourage d’écrire le plus possible, le plus vite possible, de se comparer en terme de chiffres à d’autres personnes alors qu’il n’y a pas grand chose de comparable. Je pense que c’est important de l’aborder sous l’angle du dépassement de soi, et pas du dépassement des autres. Parenthèse close^^

Les chiffres 

Pendant ce mois de novembre, j’ai consacré 32 heures à l’écriture. J’ai atteint les 30 heures, mon objectif, le 27 novembre. Ce dont je suis le plus fière, c’est d’avoir réussi à écrire strictement tous les jours, au minimum une demi-heure.

Admirez cette régularité…

La majorité de ce temps a été passée sur la réécriture de Rêveuse, mon deuxième roman, mais j’ai accordé quelques heures à ce blog (pour les articles, mais aussi tout ce qui est mise en page, newsletter, images, mots-clés, etc, ce qui n’est pas très compliqué mais prend mine de rien pas mal de temps et n’est pas vraiment la partie qui m’intéresse le plus dans le fait d’avoir un blog), et quelques heures à l’écriture et l’apprentissage d’un texte pour une petite vidéo humoristique pour l’anniversaire de ma grand-mère. C’est créatif, ça compte !

Par défaut, j’ai tendance à « compter » pour mes objectifs ce pour quoi j’ai tendance à procrastiner ou au moins à trainer des pieds pour une raison ou pour une autre, ça me permet d’avancer sur ce sur quoi j’ai besoin d’avancer. (Vous remarquerez une certaine cohérence dans toutes ces décisions…)

Le Bilan lui-même

Pour être franche, ce n’est pas la réussite la plus spectaculaire dans mon palmarès. Trente heures, c’était un objectif confortable dans ma situation. Je n’avais pas de vacances en novembre cette année contrairement à la majorité de mes participations précédentes mais c’était aussi un mois très tranquille. Je suis allée une fois au ciné en semaine, et en dehors de ça, je suis sortie 2 ou 3 fois les samedi, mais rien qui m’oblige à faire un effort particulier pour trouver un créneau d’écriture.

Le principal obstacle cette année, c’est surtout que je n’ai pas été en super forme ce mois-ci, j’ai galéré plusieurs soirs avec la fatigue et les maux de tête, mais en dehors de ça, ça a été un NaNo « facile ».

Miser sur la régularité

Et en fait, ça fait partie de la réussite pour moi cette année. Comme je le disais dans mon article au tout début du mois, ce que je voulais, c’était remettre le pied à l’étrier, et surtout sans « m’épuiser ». Je voulais retrouver un rythme qui soit tenable sur le long terme, et j’ai l’impression que c’est le cas. 

Souvent à la fin de NaNo, j’ai tellement bossé que je dois faire une pause, mais cette « pause » a tendance à s’étire jusqu’en janvier, février, mars, voir plus tard…

Cette année, je ne crois pas avoir besoin de ça. J’ai envie d’écrire. Je pense essayer de maintenir une version un peu allégée de ce que j’ai fait pendant NaNo : essayer d’écrire tous les soirs, au moins 30 minutes. Et si je vois que je n’arrive à rien (parce que pour être honnête, il y a des soirs où j’étais devant Scrivener mais où j’ai pas fait grand chose d’intéressant), je m’arrête. Et là réussite est là aussi, on est le 6 décembre, mais j’ai réussi à écrire cet article, et à continuer à travailler sur mon roman. Ma pause a duré plus ou moins 2 jours. Et j’étais malade !

Même si je n’ai pas fait d’étincelles, le bilan de cette année est très positif. J’ai réussi à relancer mon blog, ce pour quoi je trainais justement des pieds depuis un moment. J’ai repris un rythme d’écriture. J’ai avancé de manière bien réelle sur mon roman.

Sessions patchwork

Dans mon article précédent, je disais que j’avais été surprise de me rendre compte que mon roman avait maintenant un vrai début, et que ce début tenait la route, malgré le souvenir que j’en avais.

Trois versions en parallèle

Sur cette deuxième partie de NaNoWrimo, j’ai eu un autre type de surprise en avançant dans le roman. Le tout début, je l’avais presque entièrement jeté à la poubelle (enfin dans le dossier « poubelle », dans lequel je peux fouiller comme je veux si besoin…), au moins deux fois d’ailleurs, donc toutes les scènes que j’ai relues et complétées début novembre étaient issues de la troisième réécriture et dataient du printemps 2022, de belles scènes toutes neuves. Pour la partie suivante, c’était un peu plus compliqué. Pour la plupart des scènes sur lesquelles j’ai travaillé fin novembre, j’avais deux voir trois versions de chaque scène, une version ancienne pour laquelle les dialogues et l’histoire étaient souvent complètement hors sujet, mais avec en général les bons lieux et les bons personnages (et donc pas mal de descriptions réutilisables), et souvent une version plus récente mais plus minimale, avec juste des morceaux de dialogues adaptés à ma nouvelle intrigue, mais pas forcément intégrés dans l’histoire et quasiment sans descriptions. J’ai donc passé la seconde partie de NaNo à jouer au Dr Frankenstein avec mes morceaux de scènes…

Le choix définitif de la narration

J’ai aussi eu la « bonne » surprise de constater que dans une de mes phases de réécriture, j’avais tenté d’écrire à la première personne, parfois au présent, parfois au passé… A l’époque, j’avais du mal à écrire, et je m’étais demandé si le fait d’écrire à la première personne (ce qui m’étais venu naturellement pour mon premier roman) m’aiderait. En réalité, je n’avais pas encore tout à fait trouvé le bon concept, mais ça m’avait décoincée, je suis effectivement plus à l’aise à la première personne. 

Mais comme j’ai choisi d’écrire un roman avec deux points de vue différents, il m’a paru plus sage de rester à la troisième malgré tout : je ne suis pas certaine de maitriser suffisamment le multi-point de vue pour avoir deux narrations à la première personne suffisamment distinctes.

En tout cas, le résultat, c’est que même dans les passages réécrits qui ne demandaient pas de changement en terme d’histoire, j’ai dû faire pas mal de modifications pour basculer de la première personne à la troisième personne, et c’est loin d’être aussi simple que de remplacer « je » par « elle ».

Mais en soi, j’ai apprécié cet exercice de patchwork : prendre les morceaux qui me plaisent, et les recoller ensemble pour avoir le meilleur résultat. Pour moi c’est aussi plutôt rassurant de travailler avec un texte déjà existant, plutôt qu’avec une page blanche : les mots sont déjà là, il n’y a plus qu’à les améliorer un petit peu… 

Avant-après

Dans un des cas en particulier, j’ai travaillé avec deux versions d’une même scène : mon héroïne retrouve un ami de la famille qu’elle n’a pas vu depuis longtemps et qui pourrait avoir des informations sur une personne disparue. Le contenu exact de la discussion changeait, mais le lieu, les personnages et la relation entre eux ne changeait pas. Et dans ce cas précis, ma deuxième version était bien meilleure que la première, mais d’une manière que je ne suis même pas sûre de comprendre entièrement. J’hésite presque à faire une analyse poussée entre les deux (et j’espère que j’ai fait des sauvegardes correctes avant de jouer du bistouri !), parce que ce n’est pas souvent qu’on se retrouve dans cette situation, et ça fait assez longtemps que j’ai écrit ces deux versions pour avoir l’impression que ça a été écrit par quelqu’un d’autre. La première version était un échange de paroles plutôt automatique et artificiel, la deuxième version était vraiment plus vivante et engageante.

Dans un sens, c’est plutôt rassurant et agréable d’avoir la preuve sous les yeux qu’on progresse, vraiment concrètement. D’un autre côté, ça a presque réveillé une crainte chez moi de « ah oui, tu as réussi à écrire ça, mais ce n’est pas sûr que ce que tu écris maintenant soit au même niveau… ». Oui, je sais, c’est un peu stupide. Au pire, j’ai un peu perdu la main pendant mon hiatus, mais même si c’est le cas, je n’aurai qu’à travailler un peu plus longtemps, puisque je suis objectivement capable d’atteindre ce niveau technique.

J’aimerais bien écrire un article sur la notion de progrès en écriture, un jour^^.

Le mot de la fin

En résumé, je suis très heureuse d’avoir participé, à ma façon, à NaNoWriMo cette année, et encore plus heureuse d’avoir réussi à me relancer sérieusement sur la réécriture de Rêveuse.

J’ai l’impression que je ne suis plus si loin d’avoir enfin un vrai « premier » jet solide, certainement pas parfait mais complet et fidèle à la vision que j’ai pour ce roman. Et ça c’est plutôt enthousiasmant…


Et vous, est-ce que vous avez participé cette année ? Est-ce que vous avez atteint vos objectifs, quels qu’ils soient ? 

Et un dernier rappel pour celles et ceux qui en ont besoin : chaque mot écrit (ou révisé ou planifié) est une victoire !

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